
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a accusé l’armée érythréenne d’avoir tué l’un de ses oncles lors d’une attaque dans la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, malgré un accord de cessation des hostilités entre Addis-Abeba et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF).
«La semaine dernière, j’ai appris que mon oncle avait été tué par l’armée érythréenne dans sa propre maison. C’est une autre perte douloureuse pour ma famille en raison de la violence dans le Tigré, en Éthiopie. La paix est tout ce dont les gens et les familles ont besoin», a-t-il déclaré dans un message sur son compte Twitter.
Tedros, originaire du Tigré et accusé par les autorités éthiopiennes d’être proche du TPLF, a déclaré lors d’une conférence de presse que «plus de 50 personnes ont été tuées dans la même localité, de manière arbitraire», sans donner plus de détails sur la date et le lieu de l’événement.
Il a également exprimé l’espoir que l’accord de cessez-le-feu signé en novembre en Afrique du Sud soit respecté afin que «cette folie cesse» après près de deux ans de conflit. L’Érythrée a déployé du personnel militaire en Éthiopie pour soutenir les opérations de l’armée éthiopienne contre le TPLF.
Addis-Abeba a critiqué à plusieurs reprises Tedros pour ses déclarations sur le conflit et l’a même accusé de «violer les principes et les valeurs de l’organisation en publiant des déclarations infondées et de fausses accusations contre le gouvernement».
Le conflit en Éthiopie a éclaté en novembre 2020 à la suite d’une attaque du TPLF contre la principale base de l’armée à Mekelle, après quoi le Premier ministre Abiy Ahmed a ordonné une offensive contre le groupe après des mois de tensions politiques et administratives.
Le TPLF accuse Abiy d’attiser les tensions depuis son arrivée au pouvoir en avril 2018, lorsqu’il est devenu le premier Oromo à prendre ses fonctions. Jusqu’alors, le TPLF était la force dominante au sein de la coalition au pouvoir en Éthiopie depuis 1991, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), fondé sur des critères ethniques. Le groupe s’est opposé aux réformes d’Abiy, qu’il considère comme une tentative de saper son influence.






