
Le Haut Représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a déploré l’état actuel des relations entre les autorités iraniennes et la communauté occidentale en raison de la «répression sanglante» qu’elles exercent actuellement à l’intérieur du pays ou de leur soutien à la Russie dans la guerre en Ukraine.
Bien que Borrell reconnaisse que le gouvernement iranien a publiquement nié avoir remis ses drones à la Russie dans ses attaques contre l’Ukraine depuis le début de l’invasion, le chef de la diplomatie européenne assure que Téhéran «est au courant» des «crimes de guerre et des attaques contre les infrastructures civiles» qu’il a imputés à Moscou.
C’est pourquoi, selon lui, l’Iran commet une «énorme erreur stratégique» en choisissant «la mauvaise voie et en détruisant sa crédibilité en prétendant qu’il ne prend pas parti dans cette guerre», peut-on lire sur le blog de M. Borrell vendredi, où il reconnaît également la conversation «difficile» qui a eu lieu cette semaine avec le ministre iranien des affaires étrangères, Hosein Amirabdolahian, sur cette question, ainsi que les «événements inacceptables» qui se déroulent dans la République islamique.
Les Gardiens de la révolution iraniens estiment que plus de 300 personnes sont mortes depuis le début des manifestations, notamment la jeune Mahsa Amini, membre de la minorité kurde d’Iran, qui a trouvé la mort en détention. Ce chiffre est inférieur à celui fourni par l’ONG Iran Human Rights, qui chiffre le bilan à plus de 400 personnes tuées dans la répression par les forces de sécurité, alors que l’exécution des manifestants condamnés dans le cadre des troubles a déjà commencé.
«Nous demandons instamment aux dirigeants iraniens de mettre fin aux exécutions de personnes arrêtées et à la répression sanglante de manifestants pacifiques, ainsi qu’à la livraison de drones et à la coopération militaire avec la Russie, avec laquelle le pays soutient la guerre d’agression illégale contre l’Ukraine», a déclaré M. Borrell.
Enfin, M. Borrell a abordé les négociations difficiles pour la réactivation de l’accord nucléaire entre l’Iran et la communauté internationale, le plan d’action global conjoint (JCPOA), qui a été pratiquement annulé depuis le retrait unilatéral des États-Unis et la réimposition consécutive de leurs sanctions contre Téhéran en 2018.
«Je reste d’avis qu’en matière de non-prolifération nucléaire, il n’y a pas d’alternative au Plan d’action global conjoint (JCPOA), et quiconque pense le contraire se trompe», mais il a rappelé que la réactivation de cet accord ne se fait pas «dans un vide stratégique» et qu’elle s’inscrit dans un changement de politique des autorités iraniennes.
«Le PAIC est un élément essentiel d’une perspective plus large : la République islamique doit écouter ses propres citoyens, au lieu de les réprimer, et elle doit cesser immédiatement son soutien militaire à la Russie», a conclu M. Borrell.
Source: (EUROPA PRESS)






