
Le gouvernement colombien a révélé mardi les décrets de cessez-le-feu signés avec les groupes armés, montrant que la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) y est incluse, après que l’organisation a démenti ces conclusions sur les négociations avec les représentants politiques du pays d’Amérique latine.
Les autorités colombiennes ont rendu public le décret de cinq pages qui confirme légalement le cessez-le-feu bilatéral annoncé par le président colombien Gustavo Petro le 31 décembre.
Ce document, signé par le ministre de la Défense, Iván Velásquez, indique que «selon les informations fournies par le Haut Commissariat pour la Paix, les communautés du territoire où l’ELN est présente ont lancé des appels privés et publics au gouvernement national pour qu’il décrète un cessez-le-feu, demandes qui ont été soutenues par l’église et des secteurs de la communauté internationale».
Ainsi, le décret établit un «cessez-le-feu national bilatéral et temporaire entre le gouvernement national et l’Armée de libération nationale» à partir du 1er janvier 2023 à 0h00 jusqu’au 30 juin, qui pourrait être prolongé «sur recommandation».
En outre, il ordonne la suspension des opérations militaires et des opérations de police contre les membres de l’ELN participant au processus de paix. Il établit également un mécanisme de suivi composé des différents partis et organisations sociales, ainsi que de l’Église catholique et d’une équipe des Nations unies.
L’ELN a déclaré quelques heures auparavant que la délégation qui négocie avec le gouvernement colombien «n’a pas discuté» d’une quelconque proposition de cessez-le-feu bilatéral et que, par conséquent, «il n’y a toujours pas d’accord sur cette question».
«À plusieurs reprises, nous avons souligné que l’ELN ne se conforme qu’à ce qui est discuté et convenu à la table de dialogue à laquelle nous participons. Un décret unilatéral du gouvernement ne peut être accepté comme un accord», explique la guérilla dans un communiqué signé le 1er janvier et publié mardi.
«Nous comprenons le décret du gouvernement comme une proposition à examiner au cours du prochain cycle», a déclaré l’ELN, rompant ainsi avec l’annonce faite par le président Petro, le 31 décembre, selon laquelle son gouvernement avait conclu un cessez-le-feu bilatéral avec la guérilla ainsi qu’avec quatre autres groupes armés.
Après que le communiqué ait été rendu public, le président colombien a convoqué un sommet extraordinaire avec les ministres de l’Intérieur, Alfonso Prada, et de la Défense, Iván Velázquez, et le Haut Commissaire pour la paix, Danilo Rueda. L’objectif de la réunion est d’analyser la nouvelle situation après l’annonce de l’ELN et les prochaines étapes du gouvernement, qui comprennent l’abrogation du décret de cessez-le-feu bilatéral et la reprise des opérations militaires.
La reprise des négociations bloquées avec l’ELN a été l’une des premières annonces de Petro ayant un impact international, après que celles-ci aient été interrompues par le gouvernement de l’ancien président Iván Duque en réponse à une attaque de la guérilla en janvier 2019 contre une académie de police qui a fait une vingtaine de morts.
Source: (EUROPA PRESS)






