
La principale coalition d’opposition turque, l’Alliance nationale, a contesté la légalité de la décision du président sortant Recep Tayyip Erdogan de se représenter aux élections du 14 mai, mais a décidé de lancer son processus de primaires internes au début des pourparlers pour annoncer un candidat de consensus dans environ deux semaines.
La coalition a ainsi rouvert un débat de longue haleine sur cette question, étroitement liée à l’énorme pouvoir dont jouit actuellement le leader turc, à un moment où certains sondages déclarent les deux camps dans une impasse virtuelle et placent les partis kurdes, ennemis déclarés du leader, comme la clé pour les départager.
L’opposition comprend qu’Erdogan a été élu président en 2014 et 2018 et que, selon la constitution, il ne peut pas briguer un troisième mandat. En revanche, le parti au pouvoir en Turquie, le Parti de la justice et du développement, estime qu’Erdogan n’a effectué qu’un seul mandat, celui qu’il a obtenu en 2018, car la transformation politique du pays en un modèle présidentiel l’année précédente a représenté une table rase en termes de temps au pouvoir.
Les experts juridiques consultés par le portail d’information Duvar se rangent du côté de l’opposition : Erdogan ne pourrait se représenter qu’en cas de convocation d’élections par le parlement avec 360 voix en sa faveur — sur le total de 600 sièges de la chambre –. Un tel cas de figure ne pourrait pas se produire car la coalition gouvernementale, l’Alliance populaire, ne dispose que de 335 sièges, rappelle l’avocat spécialiste du droit constitutionnel Korkut Kanadoglu.
Après une réunion de neuf heures jeudi, l’Alliance populaire et ses six partis membres ont protesté contre la nouvelle candidature d’Erdogan. «Il est impossible pour M. Erdogan de se présenter comme candidat aux élections du 14 mai, conformément aux dispositions constitutionnelles et à la loi elle-même, qui ne laisse aucune place à la confusion», selon la déclaration commune rapportée par le quotidien Hurriyet.
Cependant, si pour la coalition l’annonce d’Erdogan est «une autre page sombre de l’histoire du pays» et une décision «illégale», les opposants ont également annoncé vendredi dernier le début officiel des pourparlers pour décider d’un candidat à la présidence «d’une manière qui reflète les préférences du peuple».
De nouvelles informations sont attendues lors de la prochaine réunion des leaders de la coalition le 13 février, bien que la coalition ait annoncé qu’elle présenterait au moins son programme de gouvernement le lundi 30 janvier.
Source: (EUROPA PRESS)






