
Le principal parti d’opposition du Mozambique, la Résistance nationale mozambicaine (RENAMO), a accusé le président du pays, Filipe Nyusi, d’être «responsable par omission» de l’aggravation de l’insécurité dans la province septentrionale de Cabo Delgado, frappée par une recrudescence des attaques djihadistes depuis 2017.
Elias Dhlakama, frère du défunt chef de l’ancien groupe rebelle, Afonso Dhlakama, a souligné que pour la RENAMO «il ne fait aucun doute que le président doit être tenu pour responsable par omission de ne pas avoir eu recours à l’aide internationale à temps».
Il a demandé l’ouverture d’une enquête pour établir les responsabilités de la campagne antiterroriste et a accusé M. Nyusi de «traîner les pieds» lorsqu’il demande l’aide de la communauté internationale.
«Le gouvernement a permis qu’une partie du territoire mozambicain soit soustraite aux mains de l’État», a déclaré le député de la RENAMO, qui souligne que cela montre «une accumulation d’incompétence» de la part des autorités, selon l’agence de presse portugaise Lusa.
Le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM), parti d’opposition, s’est également joint aux critiques, soulignant que «la confusion et le chaos entourent la politique de défense». Il a également dénoncé le fait que «la population de Cabo Delgado est épuisée et ne tolérera plus aucune souffrance».
Le député MDM Silvério Ronguane a également averti que, malgré l’amélioration de la sécurité dans les zones où sont déployées les troupes de la SADC et les forces spéciales rwandaises, la violence s’est étendue à d’autres zones auparavant sûres.
Pour sa part, le Front pour la libération du Mozambique (FRELIMO), parti au pouvoir, a affirmé que «la lutte contre le terrorisme sera un succès». La députée Ana Chapo a réaffirmé que les personnes déplacées commencent à rentrer chez elles et que les services de base seront rétablis.
En effet, le ministre mozambicain de la Défense, Cristovao Chume, a assuré mardi que les groupes djihadistes «n’ont pas de bases permanentes» dans la province de Cabo Delgado, avant d’indiquer que les djihadistes sont divisés en petits groupes qui ont perdu leurs positions en raison des opérations des forces de sécurité.
Cabo Delgado est le théâtre depuis octobre 2017 d’attaques menées par des miliciens islamistes connus sous le nom d’Al Shabaab, sans lien avec le groupe du même nom opérant en Somalie, qui a des liens avec Al Qaeda. Depuis mi-2019, ils sont majoritairement revendiqués par l’ISCA, qui a intensifié ses actions depuis mars 2020.






