
Le président colombien Gustavo Petro ajoute de nouveaux noms à la délégation gouvernementale qui doit entamer des pourparlers avec la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) au Venezuela la semaine prochaine, le dernier en date étant l’ancien vice-ministre de l’agriculture José Félix Lafaurie.
«Si le président me demande de collaborer dans ce sens, je le ferai avec l’engagement qui m’oblige», a confirmé M. Lafaurie, désormais à la tête de la Fédération colombienne des éleveurs de bétail (Fedegan), selon RCN.
«Je le ferai aussi pour un secteur comme le nôtre, qui a été le plus violemment attaqué par des acteurs violents dans toutes les régions colombiennes. J’espère que le désir de paix totale qu’ont les Colombiens pourra se réaliser», a déclaré M. Lafaurie.
La proposition de Petro est particulièrement pertinente car Lafaurie est l’un de ses principaux détracteurs. L’ancien vice-ministre de l’agriculture est le mari de la sénatrice «Uribista» María Fernanda Cabal, l’une des têtes visibles de l’opposition à la chambre haute du Congrès colombien.
L’annonce de M. Petro a eu lieu lors de la dernière réunion de Fedegan à Barranquilla, où le chef de Casa Nariño a insisté sur la nécessité de démobiliser les «jeunes armés qui s’entretuent en Colombie».
Parmi les collègues de M. Lafaurie figure le sénateur Iván Cepeda, qui se dit «optimiste» quant à la réactivation des pourparlers grâce à la volonté du gouvernement et de l’ELN de parvenir à des accords.
«En l’espace de quelques mois, nous avons réussi à atteindre le stade de la table ronde et nous y allons en étant pleinement conscients de la difficulté des discussions, mais aussi avec tout notre enthousiasme pour ce processus», a souligné M. Cepeda lors de la réunion de Fedegan.
Comme confirmé jeudi, la délégation gouvernementale sera dirigée par Otty Patiño, politologue et ancien membre de la guérilla du Mouvement du 19 avril (M-19). En attendant que d’autres noms soient confirmés, la presse colombienne prédit qu’il y aura sept chaises gouvernementales à la table, dont certaines pourraient être occupées par la sénatrice María José Pizarro, le commissaire à la paix, Danilo Rueda, ou l’ancien député du Polo Democrático, Jesús Alberto Castilla.
L’instauration de la paix avec les groupes armés est une question clé pour M. Petro depuis qu’il a lancé sa campagne présidentielle peu avant le milieu de l’année. Avec son arrivée à Casa Nariño, tant le gouvernement que l’ELN ont montré leur volonté de parvenir à un accord et de sortir de l’impasse dans laquelle s’étaient enfermés les pourparlers avec l’administration précédente d’Iván Duque.






