
La République démocratique du Congo (RDC) organisera ses prochaines élections présidentielle, législatives et locales le 20 décembre 2023, selon la commission électorale de ce pays africain, actuellement en proie à un grave épisode de tension dû aux affrontements entre l’armée nationale plus les forces kényanes et ougandaises contre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) dans l’est du pays.
«La commission appelle à la participation de tous les acteurs au processus électoral pour assurer son succès», a déclaré le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Denis Kadima, lors de son annonce, rapportée par le portail d’information Actualité.
Le calendrier électoral a enfin été publié après plusieurs mois de reports qui avaient fait prédire à l’opposition une prolongation artificielle du mandat de l’actuel président, Félix Tshisekedi.
Il convient de rappeler que l’opposition congolaise a exprimé à de nombreuses reprises sa méfiance à l’égard de la CENI et de Kadima pour leur prétendu manque d’impartialité. Lors des élections de 2018, l’organe a accordé à Tshisekedi la victoire dans les urnes, bien que son principal adversaire de l’opposition, Martin Fayulu, ait revendiqué une victoire écrasante.
Kadima a remporté la présidence de la CENI avec le soutien de seulement six groupes contre les voix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et des protestants (Église du Christ au Congo, ECC) qui l’accusent de corruption et de proximité avec le président actuel.
Entre-temps, le pays s’est doté d’un accord de cessation des hostilités extrêmement fragile entre les forces congolaises et le M23, accusé depuis novembre 2021 de mener des attaques contre les positions de l’armée de la RDC au Nord-Kivu, sept ans après que les parties aient conclu une trêve. Les experts des Nations unies ont accusé l’Ouganda et le Rwanda de soutenir les rebelles, bien que les deux pays aient démenti.
Le conflit a également entraîné une crise diplomatique entre la RDC et le Rwanda, que Kinshasa accuse de soutenir le M23, bien que Kigali ait rejeté ces affirmations et ait accusé son voisin de soutenir prétendument le mouvement rebelle des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Cependant, la violence persiste au Nord-Kivu : ces dernières heures, il a été signalé que cinq personnes ont été tuées lors d’une attaque menée par un groupe d’assaillants armés contre la résidence d’un officier supérieur de l’armée dans la nuit du vendredi au samedi 26 novembre à Butembo.
Le maire de Butembo, le commissaire principal Roger Mowa, indique que l’officier tué a été abattu alors qu’il se rendait au domicile d’un supérieur. Il ajoute qu’au cours des affrontements qui ont suivi, trois des assaillants ont également été tués et deux soldats ont été blessés.
Le capitaine Antony Mwalushay, porte-parole de l’armée dans la région, identifie les assaillants comme des miliciens Maï-Maï du groupe Baraka, stationnés dans les collines surplombant les quartiers de la périphérie nord-ouest de Butembo.
Selon le capitaine, il s’agit d’un acte de vengeance après l’arrestation, il y a une semaine, de quatre de ses collègues impliqués dans le meurtre d’un soldat congolais retrouvé décapité à Furu.






