
Le ministre des affaires étrangères du Yémen, Ahmed Awad bin Mubarak, a confirmé à l’ambassadeur des États-Unis au Yémen, Steven Fagin, le lancement d’une initiative visant à déclarer le mouvement rebelle huthi comme organisation terroriste, pour la première fois depuis le début de la guerre qui dure depuis huit ans dans le pays.
Les alliés du Yémen dans le conflit, tels que les Émirats arabes unis, ont fait pression sur les États-Unis pour qu’ils réinscrivent les Huthis sur leur propre liste de groupes terroristes, dont ils ont été retirés l’année dernière dans le but d’atténuer l’énorme crise générée dans ce pays, l’un des plus pauvres du monde, par la guerre entre le gouvernement et les insurgés.
M. Moubarak a accusé les Huthis de «laver le cerveau de la société» et d’imposer une «identité raciste» au lieu d’une identité nationale, selon l’agence de presse officielle yéménite SABA.
En octobre dernier, le Conseil national de défense du Yémen, dirigé par le président du Conseil présidentiel de direction, Rashad Al Alimi, a annoncé la désignation des Huthis comme groupe terroriste «conformément aux traités internationaux et régionaux ratifiés par la République du Yémen», à la suite d’une attaque insurrectionnelle contre un port pétrolier de l’Hadramut.
L’ambassadeur américain a réitéré la condamnation par son pays des attaques des Huthis contre les installations pétrolières du Yémen et a souligné le soutien des États-Unis à la sécurité, à la stabilité et à l’unité du Yémen.
En février, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a révoqué la désignation du mouvement huthi comme organisation terroriste étrangère (OTE) en raison de «la situation humanitaire désastreuse au Yémen».
«Nous avons tenu compte des avertissements des Nations unies, des groupes humanitaires et des membres du Congrès, entre autres, qui nous ont prévenus que de telles désignations pourraient avoir un impact dévastateur sur l’accès des Yéménites aux produits de base tels que la nourriture et le carburant», avait alors déclaré Blinken.
Par ailleurs, la signature d’un accord entre les autorités yéménites et le Fonds monétaire arabe visant à soutenir un programme complet de réformes économiques, financières et monétaires d’un milliard d’euros pour le Yémen a également été annoncée dimanche.
L’accord a été signé par le ministre des finances Salem bin Breik, le gouverneur de la Banque centrale du Yémen Ahmed Ghaleb Al Maabqi, et le directeur général et président du conseil d’administration du Fonds monétaire arabe Abdulrraman al Hamidi, en présence du ministre saoudien des finances Mohamed Al Yadan.
Le programme vise à établir «les bases de la stabilité économique, financière et monétaire au Yémen, à renforcer les finances publiques et la position extérieure de l’État, ainsi qu’à reconstruire ses institutions et à améliorer sa gouvernance et sa transparence».
La guerre au Yémen oppose le gouvernement internationalement reconnu, désormais représenté par le Conseil présidentiel et soutenu par la coalition internationale, aux Huthis, soutenus par l’Iran. Les Huthis contrôlent la capitale, Sana’a, et certaines parties du nord et de l’ouest du pays.
L’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, tente de rapprocher les parties afin de relancer le processus de paix, après qu’une trêve convenue en avril pour marquer le début du mois de Ramadan a expiré en octobre et a ensuite été prolongée à plusieurs reprises.






