
Les dirigeants des Balkans ont salué mardi la «nouvelle mentalité» de l’Union européenne à l’égard de la région, à l’issue d’un sommet en Albanie qui a défini un nouvel agenda de coopération en matière d’énergie, d’éducation et d’itinérance, avec en toile de fond la guerre en Ukraine et une aspiration renouvelée à rejoindre le bloc européen.
Lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de la réunion entre les dirigeants de l’UE et des Balkans, l’hôte, le Premier ministre albanais Edi Rama, a qualifié le sommet organisé pour la première fois dans un pays des Balkans d'»étape importante», affirmant qu’il témoignait du traitement «géostratégique» de la région par l’Europe.
M. Rama a célébré le fait que de «bonnes nouvelles» sont sorties de la réunion en ce qui concerne la possibilité de progresser dans les réformes européennes et de participer aux mécanismes communautaires avant de rejoindre le club communautaire, après avoir noté la «compréhension commune» selon laquelle, pendant que les pays de la région font leurs «devoirs» pour l’adhésion, ils devraient bénéficier d’un «soutien» et «se rapprocher» du bloc.
Dans cette «nouvelle mentalité», a déclaré le dirigeant albanais, s’inscrivent les accords visant à renforcer la transition énergétique dans la région et à faire des Balkans un «hub» pour réduire la dépendance aux hydrocarbures russes, à permettre aux étudiants universitaires des Balkans de participer au programme Erasmus ou à l’alliance universitaire et à réduire les frais d’itinérance entre les deux régions à partir de 2023.
«Nous devons disposer des outils du processus d’adhésion pour rendre les institutions plus fortes et renforcer les systèmes pour avoir des États fonctionnels. Nous devons faire nos devoirs, mais il est historique que des espaces et des mécanismes de soutien soient créés pour nous rapprocher sans attendre de devenir membres de l’UE», a souligné le dirigeant albanais, remerciant la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel, de ne pas avoir laissé l’intégration européenne de la région «mourir à l’agonie».
LA GUERRE EN UKRAINE RENFORCE LES RELATIONS AVEC LES BALKANS Lors de la conférence de presse, Mme Von der Leyen a noté qu’un message d’unité et l’intention de faire face ensemble aux conséquences de la guerre en Ukraine sont ressortis du sommet. Elle a alors réfléchi à la manière dont l’agression russe a intensifié les relations avec les Balkans et revitalisé le processus d’adhésion.
Selon le conservateur allemand, en période de crise comme celle que traverse l’Europe avec la guerre en Ukraine, «on regarde l’essence des choses». «Nous sommes une Union de valeurs et j’ai eu la profonde impression qu’au cours de ces mois, qui sont des moments de transformation pour l’UE, nous avons ressenti ce mouvement de transformation et nous avons pris la même direction», a-t-elle souligné à propos de la région des Balkans.
Dans le même ordre d’idées, M. Michel a indiqué qu’il était important d'»avancer» dans le processus d’adhésion et plusieurs dirigeants se sont prononcés en faveur d’une accélération de l’adhésion à l’UE, admettant que la guerre en Ukraine a relancé une politique qui était jusqu’alors alourdie par des blocages.
«Grâce à la volonté politique, nous avons pu débloquer et relancer le processus», a-t-il déclaré à propos de l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE pour l’Albanie et la Macédoine en juillet après des années d’attente, insistant sur le fait que les accords scellés mardi à Tirana sont des projets «concrets» issus des échanges d’avant-guerre avec les Balkans et qui se sont maintenant matérialisés.
En ce qui concerne l’examen du statut de candidat pour la Bosnie-Herzégovine, suite à l’avis positif de la Commission européenne en octobre, le président du Conseil européen a évité d’avancer toute décision des Vingt-sept, assurant qu’ils la prendront lors de leur réunion du 15 décembre, tout en disant espérer qu’un «signal positif» sera envoyé à Sarajevo.






