
Les transitaires sud-coréens ont voté vendredi la fin de la grève qu’ils ont entamée le 24 novembre et qui a plongé le pays dans la tourmente, après que le gouvernement sud-coréen leur a donné un nouvel ordre de reprise du travail.
Après avoir pris connaissance de la nouvelle ordonnance, le syndicat de solidarité des camionneurs de marchandises a décidé d’organiser un scrutin qui s’est soldé par un vote de près de 62 % en faveur de la fin de la grève. Auparavant, la section syndicale du port de Busan, l’un des plus importants du pays, avait déjà décidé de suspendre la grève sans scrutin.
Les ordres du gouvernement sud-coréen, qui a été contraint de recourir à cette réglementation pour la première fois depuis la promulgation de la loi correspondante en 2004, ont été soutenus par le parti démocrate de l’opposition.
Toutefois, selon l’agence de presse officielle Yonhap, certains camionneurs ont déploré l’existence d’un règlement qu’ils considèrent comme anticonstitutionnel : la loi interdit la grève sans motif valable, mais ne précise jamais quelles raisons elle accepterait comme valables.
En fait, les associations de travailleurs du pays ont demandé à l’Organisation internationale du travail (OIT) d’examiner si l’ordre du gouvernement viole les droits fondamentaux des employés. Le ministère de l’emploi et du travail a confirmé que l’agence des Nations unies avait envoyé une lettre au nom de Corinne Vargha, sa directrice des normes internationales du travail, demandant au gouvernement sud-coréen de clarifier sa position sur le différend.
La deuxième grève des transports en moins de six mois, après celle des camionneurs de ciment, a coûté au gouvernement sud-coréen un montant estimé à 2,6 milliards de dollars (environ 2,4 milliards d’euros).
Les manifestants ont exigé une prolongation indéfinie du système de tarification du transport de marchandises en toute sécurité, qui garantit des salaires minimums, essentiels à la sécurité et à la stabilité financière face à la hausse des prix du carburant.
Le gouvernement a annoncé le mois dernier qu’il prolongerait le système pour trois années supplémentaires, au-delà de son expiration prévue à la fin de cette année, mais les camionneurs ont demandé au contraire que le gouvernement rende le système permanent et l’étende pour couvrir non seulement les camionneurs qui livrent des marchandises et du ciment, mais aussi les conducteurs d’autres secteurs comme le pétrole, les produits chimiques, l’acier et les colis.






