
Les représentants du parti de gauche Pérou Libre – formé par l’ancien président Pedro Castillo – ont exprimé leur désaccord quant à la possibilité que le président du Congrès, José Williams, puisse rester à la tête de la présidence en l’absence du chef de l’État, Dina Boluarte.
Cette proposition a été défendue par le pouvoir exécutif lui-même, qui a présenté lundi un projet de loi «d’urgence» pour permettre à M. Williams d’assurer la présidence du pays lorsque M. Boluarte est à l’étranger.
Après la destitution et l’arrestation de l’ancien président Castillo, et avec la promotion de Boluarte – jusqu’alors son «numéro deux» – à la présidence, la vice-présidence andine est restée vacante. C’est pourquoi l’exécutif estime nécessaire d’attribuer ce rôle à Williams afin de «permettre à la présidence de fonctionner».
La Commission de la Constitution et des Règlements du Congrès péruvien votera la proposition de l’Exécutif ce mardi après-midi (heure locale), même s’il est vrai que les représentants des groupes politiques de l’aile gauche de l’échiquier parlementaire ont déjà exprimé leur désapprobation, comme le rapporte la station de radio RPP.
Plus précisément, le député du Pérou Libre Jaime Quito a exprimé son rejet de la proposition qui, selon lui, vise à «remettre temporairement les pouvoirs de la fonction présidentielle à l’actuel président du Congrès putschiste».
Dans la même veine, sa collègue de parti Silvana Robles a averti que l’exécutif violerait l’équilibre des pouvoirs avec des «vices de forme et de fond». «Madame Boluarte, assumez votre poste avec responsabilité et cohérence», a-t-elle déclaré sur Twitter.
D’autre part, des groupes tels que le parti ultra-conservateur Renovación Popular et le parti d’extrême droite Fuerza Popular ont soutenu la proposition de Mme Boluarte, approuvant son argument selon lequel une personnalité est nécessaire pour agir en tant que président lorsque le chef de l’État est absent.
«La constitution établit déjà que lorsqu’il n’y a pas de vice-présidents, c’est le président du Congrès qui est en charge de la présidence», a déclaré le député de Renovación Popular, Alejandro Muñante, qui est le troisième vice-président du Parlement.
Pour sa part, Martha Moyano, membre de Fueza Popular et première vice-présidente du Congrès, a fait remarquer que le pays est confronté à une «situation sui generis», dans laquelle Boluarte est passé de vice-président à chef d’État, laissant libre le poste de «numéro deux» et, par conséquent, sans personne pour le représenter pendant son absence due à des voyages à l’étranger.
«Lorsque le président doit prendre des mesures présidentielles (à l’étranger), quelqu’un doit prendre le relais. Cette fonction ne peut être assumée par un ministre, qui est un fonctionnaire sous contrat. Alors, à qui revient la responsabilité ? Le président du Congrès», a-t-il dit.
Source: (EUROPA PRESS)






