
L’organisation non gouvernementale Médecins du Monde a annoncé jeudi sa décision de suspendre ses activités en Afghanistan suite à la décision des Talibans d’interdire aux femmes de travailler pour des ONG nationales et internationales, tout en appelant le groupe à lever ces restrictions.
L’ONG a déclaré dans un communiqué qu’elle «condamnait fermement» la décision des Talibans et a noté qu'»en réponse à cette mesure, Médecins du Monde a décidé de suspendre ses activités en Afghanistan».
«Médecins du Monde prévient qu’en interdisant aux femmes de travailler dans les ONG, une ligne rouge a été franchie. L’organisation a donc pris la difficile décision de suspendre ses activités car elle estime qu’une réponse humanitaire efficace et conforme aux principes humanitaires ne peut être réalisée sans les femmes», a-t-elle déclaré.
Elle a souligné le «rôle essentiel» joué par les ONG à un moment où l’Afghanistan est confronté à un «effondrement économique» et à une «grave crise humanitaire», tout en notant que «l’interdiction faite aux femmes de travailler n’aura qu’un impact dramatique et dévastateur sur la vie de millions de femmes, d’hommes et d’enfants vulnérables dans le pays».
«Médecins du Monde réitère qu’il est essentiel que l’interdiction soit levée et que les travailleuses humanitaires reprennent leurs activités dans le pays. Cette décision des autorités afghanes intervient également quelques jours après le renforcement des restrictions à l’accès des filles afghanes à l’éducation», conclut l’ONG.
Les talibans ont précisé mardi que l’interdiction faite aux femmes de travailler pour les ONG opérant dans le pays ne concerne pas le personnel international ou des Nations unies, ni les agents de santé féminins. Cette mesure a conduit plusieurs ONG à suspendre leurs activités, notamment World Vision, Save the Children, le Conseil norvégien pour les réfugiés et CARE International.
Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a appelé les talibans à lever immédiatement les dernières restrictions imposées à la vie publique des femmes afghanes, notamment l’interdiction de l’enseignement universitaire et du travail dans les ONG, et a mis en garde contre les «terribles effets en cascade» sur leur vie et sur la situation générale dans ce pays d’Asie centrale.
Source: (EUROPA PRESS)






