
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a défendu lundi la nécessité d’une «réforme sans précédent» du système financier mondial pour lutter contre le changement climatique et les catastrophes qu’il provoque, comme les inondations meurtrières de l’été dernier au Pakistan.
«S’il y a le moindre doute sur les pertes et les dommages qu’elle cause, allez au Pakistan. Il y a une perte. Il y a des dégâts. Les ravages du changement climatique sont réels. Des inondations aux sécheresses, en passant par les cyclones et les pluies torrentielles. Et, comme toujours, les pays les moins à blâmer sont les premiers à souffrir», a déclaré M. Guterres dans son discours à la Conférence internationale sur le Pakistan résilient au changement climatique, lundi à Genève.
M. Guterres a notamment fait référence au système bancaire international et à la nécessité de le réformer «pour réparer une erreur fondamentale». «Le Pakistan est doublement victime du chaos climatique et d’un système financier mondial en faillite morale», a-t-il déclaré.
«Ce système refuse systématiquement aux pays à revenu intermédiaire l’annulation de leur dette et le financement nécessaire pour investir dans la résilience aux catastrophes. Il faut trouver des moyens créatifs pour que les pays en développement aient accès à l’allègement de la dette et au financement parce qu’ils en ont le plus besoin», a-t-il déclaré.
L’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner, a signalé d’autres événements extraordinaires résultant du changement climatique : «Regardez à l’est, l’Autriche, les inondations ; regardez à l’ouest, la Californie, les conditions météorologiques extrêmes ; regardez l’Europe et les gens qui se demandent pourquoi il ne neige pas en hiver. Nous vivons une époque de profonds changements.
PAKISTAN António Guterres a estimé à «plus de 16 milliards de dollars» le coût de la satisfaction des besoins les plus élémentaires des communautés touchées par les pluies de mousson au Pakistan et a averti qu’il faudrait «beaucoup plus sur le long terme».
M. Guterres a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et a fait valoir que les réformes qu’il réclame ne sont pas une question d’aide, mais de justice. Pas seulement un geste de solidarité. Toutefois, le chef des Nations unies a exprimé sa «profonde frustration» devant le fait que les dirigeants mondiaux «ne donnent pas la réponse nécessaire à cette urgence vitale».
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a averti que «jusqu’à quatre millions d’enfants continuent de vivre à proximité d’eaux polluées ou stagnantes qui menacent leur survie et leur bien-être», tandis que les infections respiratoires aiguës «sont montées en flèche» dans les zones inondées. Le nombre d’enfants souffrant de malnutrition aiguë-sévère a également doublé et 1,5 million d’entre eux ont besoin d’une intervention vitale.
Plus de 33 millions de personnes ont été touchées par les inondations dues à la mousson de l’été dernier dans le Sindh et le Baloutchistan et les eaux de crue ne se sont pas encore retirées de toutes les zones inondées. Huit millions de personnes sont toujours déplacées et le bilan est de plus de 1 700 morts.
Les tempêtes ont détruit plus de 2,2 millions de maisons, 13 % des établissements de santé, 4,4 millions d’hectares de cultures et plus de 8 000 kilomètres de routes.
Source: (EUROPA PRESS)






