
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a fixé mercredi au 14 mai la date des élections législatives et présidentielles, prévues le 18 juin, après avoir laissé entendre à plusieurs reprises ces dernières semaines que le scrutin pourrait être avancé.
«Notre nation dira une fois de plus que c’en est assez à ceux qui préparent des coups d’État et se présenteront le même jour, 73 ans plus tard (aux urnes)», a-t-il déclaré lors d’une réunion du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, rapporte le quotidien turc «Cumhuriyet».
Erdogan fait référence aux élections du 14 mai 1950, lors desquelles le Parti démocratique, dont le gouvernement a été renversé en 1960 par un coup d’État mené par le général Cemal Gursel, à la tête du Comité d’unité nationale, a remporté une victoire écrasante.
Lors de ces élections, le Parti démocratique a remporté 416 des 487 sièges du Parlement après que le Parti républicain du peuple (CHP) – aujourd’hui principal parti d’opposition – ait perdu 326 législateurs et ne soit resté qu’avec 69. Le chef du Parti démocratique, Adnan Menderes, a été exécuté en 1961 par la junte militaire.
«Le défunt Menderes s’est présenté aux élections du 14 mai 1950 en disant : ‘Assez, le monde appartient à la nation’ ; et il a remporté une grande victoire. Nous demandons le soutien de la nation en 2023 et disons que le monde et les décisions appartiennent à la nation», a souligné M. Erdogan.
«Notre nation dira à nouveau aux putschistes et aux incompétents, 73 ans plus tard, que trop c’est trop», a-t-il déclaré, avant d’avertir que l’opposition «cherche à diriger le pays par le biais d’un président fantoche», faisant référence aux efforts de l’opposition pour s’accorder sur un candidat d’unité contre le président sortant.
«Nous nous sommes préparés avec diligence pour toutes les élections auxquelles nous avons participé. En quoi cette fois-ci est-elle différente ?» a-t-il demandé. «Nous avons passé la période électorale de 2015 sous les attaques des organisations terroristes FETO — le groupe dirigé par le religieux Fethullah Gulen –, du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de l’État islamique», a-t-il souligné.
En ce sens, Erdogan a reconnu que «nous entrons dans les élections de 2023 en faisant face aux effets des récentes crises dans le monde et dans le pays». «Je suis ici en tant que politicien qui résout les problèmes de la région et du monde. Je suis ici à l’avant-garde d’un programme qui a la vision du siècle de la Turquie», a-t-il réaffirmé.
Erdogan a laissé entendre en décembre qu’il avait l’intention de rechercher le soutien populaire pour un dernier mandat présidentiel de cinq ans lors des élections de 2023 avant de se retirer de la vie politique. Erdogan a été premier ministre de 2003 à 2014 et est depuis lors président de la nation. Un amendement constitutionnel en 2017 a changé le système en un modèle de présidence exécutive et Erdogan a été élu président en 2018.
Source: (EUROPA PRESS)






