
Le gouvernement des États-Unis a annoncé jeudi des sanctions à l’encontre du vice-président du Paraguay, Hugo Velázquez, et de l’ancien président Horacio Cartes, dans une mesure qui implique le blocage de tous les actifs et biens qu’ils pourraient détenir sous souveraineté américaine et qui remet une nouvelle fois en question la direction politique du pays sud-américain.
Les deux dirigeants avaient déjà été qualifiés en 2022 de «significativement corrompus», bien que ces accusations n’aient pas empêché Velázquez de rester le «numéro deux» de Mario Abdo Benítez.
Dans le cas de Velázquez, il est dans le collimateur de Washington depuis des mois, accusé d'»interférer dans des procédures judiciaires» et de manœuvrer pour se protéger d’éventuelles enquêtes, donnant lieu à des pots-de-vin ou des menaces «à ceux qui pourraient exposer son activité criminelle», selon le Trésor américain.
Le gouvernement américain estime que Cartes, pour sa part, s’est livré à des activités de corruption «avant, pendant et après» son mandat (2013-2018). «La carrière politique de Cartes a commencé et continue de reposer sur des moyens corrompus», a déclaré sans ambages le département du Trésor, citant des pots-de-vin allant jusqu’à 10 000 dollars pour assurer sa nomination en tant que candidat présidentiel du parti Colorado.
En 2017, il a utilisé un million de dollars de sa fortune pour «acheter» les voix des députés et tenter une réforme constitutionnelle qui lui ouvrirait la porte à un second mandat. Une fois que cette réforme a échoué, et qu’il n’était plus en fonction, il a essayé de maintenir son influence en continuant à verser des paiements qui, dans certains cas, atteignaient 50 000 dollars par mois.
En outre, l’administration de Joe Biden lie Cartes et Velázquez à une entreprise, le Hezbollah, qui est responsable de l’organisation d’événements au cours desquels des pratiques de corruption auraient eu lieu et qui, aux yeux des États-Unis, est une «organisation terroriste».
Le secrétaire adjoint du Trésor chargé du terrorisme et de l’intelligence financière, Brian E. Nelson, a déclaré qu’avec les mesures prises jeudi, Washington entendait sanctionner «la corruption endémique qui mine les institutions démocratiques du Paraguay», en vue également de s’assurer que le gouvernement prend des mesures dans l’intérêt des citoyens et non «dans les poches des élites politiques».
Dans ce sens, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a assuré que «les États-Unis sont avec le peuple du Paraguay» et continueront à soutenir leurs «partenaires» dans les institutions locales pour «combattre la corruption et défendre l’État de droit».
Source: (EUROPA PRESS)






