
L’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Geir Pedersen, a souligné lundi la nécessité de «travailler dans toutes les régions de la Syrie» pour aider les personnes touchées par les tremblements de terre de la semaine dernière et a reconnu les «défis particuliers» que représente le soutien à la population dans les zones du nord-ouest du pays contrôlées par des groupes rebelles.
M. Pedersen, qui a rencontré à Damas le ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Mikdad, a déclaré que «l’ONU fera tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir le peuple syrien dans cette crise» et s’est dit «satisfait» des «assurances» des autorités quant à leur «soutien au travail effectué à travers la Syrie».
«Comme vous le savez, il y a eu des défis particuliers au lendemain du tremblement de terre pour fournir un soutien dans le nord-ouest (de la Syrie). Nous pensons qu’elle est en train d’être corrigée, mais bien sûr, elle ne peut pas régler tous les problèmes que nous avions depuis le début», a déclaré l’envoyé des Nations unies, qui a souligné que «l’aide arrive».
«Il est important, comme je l’ai dit, que nous obtenions plus de ressources et de soutien dans les opérations à travers les lignes de front et à travers la frontière (avec la Turquie).» «Notre objectif est d’aider le peuple syrien», a-t-il réitéré, selon une transcription de ses remarques fournie par son bureau sur son site web.
Pour sa part, M. Mikdad a souligné «la nécessité de ne pas politiser l’aspect humanitaire» et de «respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie», avant de remercier M. Pedersen pour sa «solidarité avec la Syrie» face à cette «catastrophe humanitaire sans précédent», comme le rapporte l’agence de presse étatique syrienne SANA.
Le ministre syrien des Affaires étrangères a également exprimé la volonté de Damas d'»apporter tout le soutien possible aux personnes touchées par le tremblement de terre» et de «fournir une aide humanitaire aux victimes dans toutes les régions, sans discrimination», tout en s’engageant à «travailler étroitement» avec les agences de l’ONU pour faire face aux «conséquences catastrophiques du tremblement de terre».
M. Mikdad a également appelé à la fin des «mesures unilatérales» contre la Syrie, faisant référence aux sanctions appliquées par les États-Unis et d’autres pays européens. Damas s’est plaint à plusieurs reprises que ces sanctions affectent l’acheminement de l’aide humanitaire.
Par ailleurs, le coordinateur humanitaire des Nations unies, Martin Griffiths, s’est rendu dans la journée dans la ville d’Alep pour analyser la situation après les tremblements de terre, qui ont fait plus de 36 000 morts dans les deux pays, dont plus de 31 600 en Turquie.
Les Nations unies ont confirmé que, ce lundi, six camions ont franchi la frontière avec la Turquie pour acheminer de l’aide aux victimes en Syrie, alors que l’on se plaint du manque de soins pour les personnes touchées dans le nord-ouest du pays, une zone contrôlée par divers groupes rebelles, dont Hayat Tahrir al Sham (HTS), une organisation terroriste héritée du Front al Nusra qui était autrefois affiliée à Al-Qaïda en Syrie.
La Syrian American Medical Society (SAMS), qui fournit une assistance médicale dans les zones tenues par les rebelles, a déclaré que «le manque d’abris et de nourriture après le tremblement de terre et le retour prématuré dans des structures instables peuvent avoir des effets catastrophiques sur la santé des populations vulnérables».
Abu Mayid, un volontaire de la défense civile syrienne, connue sous le nom de «casques blancs», a déclaré que les gens préféraient retourner dans leurs maisons endommagées plutôt que d’attendre les camps en cours d’érection à Idlib. «Il y a un manque de tout et une livraison transfrontalière de l’aide ne répondra pas aux besoins des personnes déplacées», a-t-il déclaré à l’agence de presse DPA.
M. Griffiths a lui-même reconnu dimanche que les habitants du nord-ouest de la Syrie ont été «abandonnés» en l’absence d’aide internationale pour atténuer les conséquences du séisme dévastateur. «Nous avons laissé tomber le peuple du nord-ouest de la Syrie. Ils se sentent abandonnés, à juste titre, et cherchent une aide internationale qui n’est pas arrivée», a-t-il souligné sur son compte Twitter.
Source: (EUROPA PRESS)






