
Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a mis en garde lundi contre la détérioration de la situation humanitaire en Somalie, alors que le nombre de victimes civiles des récentes attaques du groupe terroriste Al Shabaab a augmenté.
«Cette année a marqué un coup d’arrêt brutal à la baisse globale du nombre de décès et de blessures documentés depuis 2017», a-t-il déclaré, avant d’exprimer sa «profonde préoccupation quant au fait que davantage de Somaliens continuent de perdre la vie au quotidien».
Les données de l’ONU reflètent qu’au moins 613 civils ont été tués et 948 blessés depuis le début de l’année, le nombre le plus élevé depuis 2017 et 30 % de plus qu’en 2021. La plupart des victimes – 315 tués et 686 blessés – sont dues à des attentats à la bombe, dont 94 % ont été attribués à Al Shabaab.
Certaines des autres victimes ont été causées par des attentats suicides d’Al Shabaab, notamment l’attaque du 29 octobre près du siège du ministère de l’Éducation dans la capitale, Mogadiscio, qui a fait plus de 120 morts et 330 blessés, selon les autorités somaliennes.
«Toutes les parties au conflit doivent se conformer à leurs obligations en vertu du droit humanitaire et veiller à ce que les civils soient protégés. Cela inclut les éléments armés impliqués du côté du gouvernement dans le conflit contre Al Shabaa, ainsi que les forces internationales», a souligné M. Turk.
Il a appelé le gouvernement somalien «à prendre toutes les mesures nécessaires, en coopération avec la communauté internationale, pour renforcer la protection des civils, conformément aux normes internationales en matière de droits de l’homme et de droit humanitaire.
Le bureau de M. Turk a souligné que, outre les attaques contre les civils, Al Shabaab a détruit et empoisonné des puits dans la région de Hiiraan, à un moment où le pays connaît une grave sécheresse qui a aggravé une crise humanitaire déjà critique.
«Cette destruction gratuite est condamnable, en particulier compte tenu de la situation humanitaire difficile due à l’échec de cinq saisons des pluies consécutives et aux déplacements à grande échelle dans le pays», a déclaré M. Turk, notant que de telles actions «constituent des crimes de guerre». «Ils doivent s’arrêter», a-t-il dit.
Enfin, M. Turk a souligné l’importance de l’obligation de rendre des comptes pour les violations graves du droit humanitaire et a fait valoir que de telles actions sont cruciales pour éviter d’alimenter de nouveaux cycles de violence dans le pays.
La Somalie a intensifié les offensives contre Al Shabaab ces derniers mois et a même interdit le nom du groupe pour désigner l’organisation, qui a des liens avec Al Qaeda. Elle a exigé qu’on la qualifie de «jauarij», un mot qui signifie «secte déviante».
Les offensives contre Al Shabaab, qui sont soutenues par des clans et des milices locales, font partie d’une série de décisions prises par le nouveau président, Hassan Shaykh Mohamud, qui s’est engagé lors de sa prise de fonction à placer la lutte contre le terrorisme au cœur de ses efforts pour stabiliser le pays africain.






