
Les États membres de l’Union européenne ont finalisé vendredi un accord visant à plafonner à 60 dollars, 57 euros, le prix du pétrole russe, dans une négociation qui a abouti trois jours seulement avant l’entrée en vigueur de l’embargo sur l’achat de pétrole brut russe, officiellement approuvé en octobre.
La mesure fait suite à l’accord conclu au sein du G7 pour un plafond compris entre 65 et 70 dollars et vise à limiter le prix du pétrole transporté par voie maritime. Elle n’affectera pas le brut qui atteint l’Europe par oléoduc, suite à l’exception obtenue par la Hongrie et d’autres partenaires européens enclavés qui invoquent leur forte dépendance au pétrole russe.
Les États membres négocient contre la montre pour qu’un mécanisme soit mis en place avant le 5 décembre, date d’entrée en vigueur de l’embargo européen sur les achats de pétrole russe, en essayant de surmonter les réticences de la Pologne et des pays baltes. Varsovie s’est placée au centre de la discussion en exigeant un prix maximum très bas de 30 dollars, bien loin de la proposition initiale de la Commission européenne de 65 dollars.
En revanche, la réticence des pays méditerranéens tels que la Grèce, Chypre et Malte à un prix maximum très bas, invoquant leur dépendance à l’égard du secteur du transport maritime, semble avoir été résolue avec la création d’un mécanisme de compensation qui génère une certaine marge pour le commerce du pétrole brut russe.
LA «POSITION DURE» DE LA POLOGNE La Pologne considère qu’un plafond bas est le seul moyen de porter atteinte aux exportations de brut russe, selon des sources diplomatiques, qui s’accordent à dire que la position de Varsovie sur la question est «très dure».
En outre, ce groupe de pays lie son approbation à celle du neuvième cycle de sanctions contre la Russie en représailles à la guerre en Ukraine, un cycle qui fait également l’objet de négociations depuis des semaines entre les États membres sans que le calendrier de son approbation soit clairement établi. Toutes les sources consultées sont confiantes dans la possibilité de parvenir à un accord avant la date limite, notant que le nouveau cycle de sanctions contre Moscou est en bonne voie, qu’il voie le jour ou non parallèlement à la mesure sur le pétrole.
Si un accord est trouvé d’ici vendredi, l’UE lancera la procédure écrite simplifiée ou procédure de silence, dans laquelle l’absence de réponse d’un membre du Conseil à la date limite implique l’acceptation de l’adoption de la mesure.






