
Le groupe rebelle Mouvement du 23 mars (M23) a affirmé avoir tenu une réunion avec des représentants de l’armée de la République démocratique du Congo (RDC) pour discuter d’une «résolution pacifique» du conflit dans l’est du pays, qui a également entraîné un regain de tensions entre Kinshasa et le Rwanda.
Le porte-parole du M23, Lawrence Kanyuka, a déclaré dans un communiqué que la réunion a eu lieu lundi à Kibumba et a ajouté que des délégués de l’armée, de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) et d’autres organismes régionaux y ont participé.
Le groupe a indiqué que la rencontre s’est déroulée «dans une atmosphère pacifique» et a exprimé son souhait d’une «nouvelle rencontre», sans que d’autres détails aient été révélés et sans que les autorités congolaises ne se soient prononcées pour l’instant sur le contenu des contacts.
«Le M23 renouvelle son appel à la communauté internationale en tirant la sonnette d’alarme sur le génocide en cours et la nature sélective des organisations humanitaires, qui ne viennent pas en aide aux victimes à Bwiza et dans les environs», a-t-il dénoncé.
Le M23 est accusé depuis novembre 2021 de mener des attaques contre des positions de l’armée dans le Nord-Kivu, alors que les autorités congolaises et le M23 ont signé un accord de paix en décembre 2013 après des combats depuis 2012 avec l’armée, qui était soutenue par les troupes de l’ONU. Les experts des Nations unies ont accusé l’Ouganda et le Rwanda de soutenir les rebelles, bien que les deux pays aient démenti.
Le conflit a entraîné une impasse diplomatique entre la RDC et le Rwanda, dont les relations sont tendues depuis l’arrivée massive dans l’est de la RDC de Hutus rwandais accusés d’avoir massacré des Tutsis lors du génocide rwandais de 1994.
NOUVELLE ATTENTAT DES ADF Entre-temps, au moins dix personnes ont été tuées mardi dans une nouvelle attaque menée par des membres présumés des Forces démocratiques alliées (ADF), liées à l’État islamique, contre la ville de Ndalya, dans la province orientale de l’Ituri.
Christophe Munyaanderu, coordinateur de la Convention pour le respect des droits de l’homme à Irumu, a indiqué que «les ADF ont effectué une incursion» et a ajouté que «deux maisons ont été incendiées par les assaillants», selon le portail d’information congolais 7sur7.
Cet incident est survenu quelques heures après que l’Ouganda ait confirmé la mort d’un officier militaire et de onze membres présumés des ADF lors d’affrontements après qu’un groupe d’assaillants ait tenté de prendre d’assaut la ville de Ntoroko (ouest), près de la frontière de la RDC.
Les ADF, un groupe ougandais créé dans les années 1990, particulièrement actif dans l’est de la RDC et accusé d’avoir tué des centaines de civils dans cette partie du pays, pourraient tenter de revenir opérer en Ouganda, d’où ils se sont retirés en 2003 après qu’une série d’opérations militaires ait considérablement réduit leur capacité à mener des attaques dans le pays.
Le groupe s’est scindé en 2019 après que Musa Baluku – sanctionné par les Nations unies et les États-Unis – a prêté allégeance au groupe djihadiste État islamique en Afrique centrale (EIAC), sous la bannière duquel il opère depuis lors. L’augmentation de ses attaques et la revendication d’une attaque dans la capitale ougandaise, Kampala, ont conduit les deux pays à lancer les opérations conjointes susmentionnées dans l’est de la RDC.






