
Une vingtaine d’ONG ont dénoncé jeudi que le décret-loi sur les migrations du gouvernement italien empêche «l’assistance aux personnes en détresse en mer» et ont demandé son retrait.
Dans un communiqué, les organisations, dont Médecins Sans Frontières (MSF), ont exprimé leur «plus grande inquiétude» et ont déclaré que cette mesure «réduira les capacités de sauvetage en mer et rendra plus dangereuse la Méditerranée centrale, l’une des routes migratoires les plus meurtrières au monde».
«Le décret vise clairement les ONG de recherche et de sauvetage, mais le véritable prix sera payé par les personnes fuyant à travers la Méditerranée centrale et qui se retrouvent en détresse», indique le document, notant que «les navires de sauvetage civils comblent le vide que les États européens ont délibérément laissé après avoir interrompu leurs opérations de recherche et de sauvetage».
En ce sens, les ONG ont souligné leur «rôle essentiel pour combler cette lacune et prévenir de nouvelles pertes de vies en mer, dans le respect du droit applicable».
Ils ont toutefois souligné que «les États membres de l’UE – en particulier l’Italie – tentent depuis des années d’entraver les activités civiles de recherche et de sauvetage par la diffamation, le harcèlement administratif et la criminalisation des ONG et des militants».
Ils ont donc rappelé qu'»il existe déjà un cadre juridique complet pour les activités de recherche et de sauvetage, comme la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) et la Convention internationale sur la recherche et le sauvetage maritimes (Convention SAR)».
Cependant, le gouvernement italien a introduit «une autre série de règles pour les navires civils de recherche et de sauvetage, qui entravent les opérations de sauvetage et font courir un plus grand risque aux personnes en détresse en mer».
Ainsi, le gouvernement italien exige que les navires de sauvetage civils se rendent immédiatement en Italie après chaque sauvetage. Cela retarde les opérations de sauvetage, car les navires effectuent souvent plusieurs sauvetages sur plusieurs jours.
«Donner l’instruction aux ONG de se rendre immédiatement dans un port, alors que d’autres personnes sont en détresse en mer, contredit l’obligation du capitaine de fournir une assistance immédiate aux personnes en détresse, telle qu’elle est inscrite dans la CNUDM», ont-ils averti.
Les ONG ont rappelé que cette stratégie est destinée à «maintenir les navires de secours hors de la zone de sauvetage pendant des périodes prolongées et à réduire leur capacité à aider les personnes en détresse». «Les ONG sont déjà débordées en raison de l’absence d’opération de recherche et de sauvetage de la part des États et la présence réduite de navires de sauvetage conduira inévitablement à un plus grand nombre de personnes se noyant en mer», ont-ils déclaré.
Le décret rend également obligatoire la collecte de données à bord des navires de sauvetage auprès des survivants qui expriment leur intention de demander une protection internationale et le partage de ces informations avec les autorités.
À cet égard, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a stipulé que «les États ont l’obligation d’engager ce processus et qu’un navire privé n’est pas un lieu approprié pour cela» et a déclaré que les demandes d’asile ne devraient être traitées qu’à terre, après avoir débarqué dans un endroit sûr et après avoir répondu aux besoins immédiats.
«Le décret-loi italien est en contradiction avec le droit international, les droits de l’homme et le droit européen et devrait déclencher une réaction forte de la Commission européenne, du Parlement européen, des États membres et des institutions européennes», indique le document, qui appelle les députés italiens à voter contre le texte au Parlement.
Source: (EUROPA PRESS)






