
Un tribunal ivoirien a confirmé la condamnation à perpétuité du chef de l’opposition Guillaume Soro, en exil en France, pour «atteinte à la sûreté de l’État» et «troubles à l’ordre public».
Le verdict comprend également la ratification de peines de 20 ans de prison à l’encontre de huit autres personnes, dont le frère de Soro, Simon Soro, tandis que deux autres accusés ont été acquittés, selon le portail d’information ivoirien Koaci.
Parmi les personnes condamnées figurent Souleymane Kamaraté, l’ancien directeur du protocole de Soro, et le commandant Jean-Baptiste Kouamé, l’ancien chef de la sécurité du leader de l’opposition lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale ivoirienne.
L’avocat de la défense, Gohi Bi, a déclaré que le jugement est le résultat d’un processus politique et a souligné qu'»ils ne s’attendaient pas à autre chose». «Nous n’allons pas abdiquer. Nous allons nous battre jusqu’à ce que tous les accusés soient acquittés, comme dans le cas d’Alain Lobognon et de Félicien Sékongo», a-t-il déclaré, en faisant référence aux deux hommes libérés.
«Nous ne comprenons pas comment il est possible que ces deux personnes, au sujet desquelles nous avons demandé leur libération en première instance, aient été condamnées et soient maintenant acquittées pour les mêmes faits que d’autres personnes condamnées», a-t-il fait valoir. «Qu’est-ce qui a changé s’ils sont accusés des mêmes actes ?», a-t-il demandé.
De son côté, le procureur Abdoulaye Ben Méité a applaudi le verdict et s’est dit «totalement satisfait». «Nous sommes très heureux. Les gens essaient de faire croire qu’il s’agit d’un procès politique, mais en réalité les faits présentés contre les accusés sont bien établis», a-t-il déclaré.
Le parquet ivoirien a inculpé 19 personnes dans cette affaire, 14 membres des forces de sécurité et cinq civils, tous proches de Soro, en lien avec un arsenal retrouvé dans la lagune d’Assinie, où des téléphones et des documents ont également été trouvés.
M. Soro a également été condamné en avril 2020 à 20 ans de prison pour détournement de fonds et blanchiment d’argent pour l’achat d’une propriété en 2007, alors qu’il était Premier ministre, une somme qui, selon le procureur, aurait dû être restituée à l’État.
L’homme politique a dirigé la tentative de coup d’État ratée de 2002 contre le président de l’époque, Laurent Gbagbo. Après des élections présidentielles contestées en 2010 et une brève guerre civile, c’est Alassane Ouattara qui est arrivé au pouvoir sous la direction de Soro.
Cependant, un désaccord entre les deux s’est ensuite développé et Soro a finalement démissionné en février 2019 de son poste de président du parlement. Auparavant, il a été Premier ministre entre avril 2007 et décembre 2010 – sous la présidence de Gbagbo – et entre avril 2011 et mars 2012, avec Ouattara au pouvoir.
Source: (EUROPA PRESS)






