
Le Premier ministre irakien, Mohamed Shia al Sudani, a annoncé jeudi le limogeage du directeur général de l’Autorité de l’aviation civile et du directeur de l’aéroport de Bagdad, à la suite d’un deuxième incendie survenu dans les installations au cours des trois derniers jours.
Al Sudani, qui s’est rendu à l’aéroport de Bagdad plus tôt dans la journée pour discuter de la situation avec le ministre de l’Intérieur et le chef des services de renseignement, a déclaré que le directeur général de la défense civile et le directeur du département des enquêtes criminelles du ministère de l’Intérieur ont également été démis de leurs fonctions.
Le Premier ministre a également ordonné la poursuite des enquêtes afin de «déterminer les véritables motifs» des deux incendies survenus cette semaine à l’aéroport de Bagdad. Si ce dernier incendie n’a pas fait de victimes, deux personnes ont été blessées dans l’incendie de lundi.
Il a demandé un «examen approfondi du système de sécurité et des mesures d’urgence à l’aéroport» et un «examen de toutes les mesures de sécurité dans toutes les installations, couloirs et bâtiments», selon la chaîne de télévision irakienne Al Sumaria.
Al Sudani a approuvé mercredi la création d’une commission chargée d’enquêter sur les cas de corruption dans le pays, l’un de ses principaux engagements depuis son arrivée au pouvoir, sur fond d’allégations faisant état d’un problème endémique qui entrave l’amélioration de la vie de la population du pays.
«Sur ordre direct du Premier ministre, Mohamed Shia al Sudani, et afin de lutter contre la corruption, conformément au programme ministériel (…) la Commission de l’intégrité a mis en place une autorité exceptionnelle appelée Haute commission de lutte contre la corruption», a déclaré le bureau du Premier ministre.
Il a précisé dans un communiqué que l’objectif de ce nouvel organe est «d’accélérer le traitement des grandes affaires de corruption et d’œuvrer à l’extradition des personnes recherchées pour des délits de corruption et à la récupération de l’argent détourné».
«Son Excellence a ordonné la formation d’une équipe de soutien spéciale dotée de larges pouvoirs pour apporter un soutien total à l’Instance supérieure de lutte contre la corruption dans l’enquête sur ces affaires», a-t-il déclaré, avant de souligner que cette équipe sera dirigée par le directeur général du ministère de l’Intérieur, Abdelkarim Abdel Fadel.
Dans ce sens, il a révélé que le Premier ministre «a donné des ordres pour que tous les processus requis par la Constitution et les lois soient fidèlement suivis par l’équipe de soutien, en particulier dans le domaine des droits de l’homme», selon la déclaration publiée sur son site officiel.
Plus tôt dans la journée de dimanche, le président de la Commission de l’intégrité, Alaa Yauad al Saadi, a démissionné dans le cadre de l’un des plus grands scandales économiques récents du pays, le vol de 2,5 milliards d’euros de fonds fiscaux dans une banque irakienne, surnommé «le vol du siècle» par les médias nationaux.
Une corruption endémique sévit à tous les niveaux de l’État irakien, qui se classe 157e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International. Selon des chiffres officiels publiés l’année dernière, plus de 400 milliards d’euros ont disparu des caisses de l’État depuis le renversement du régime du dictateur Saddam Hussein en 2003.






