
Le gouvernement de transition du Burkina Faso a appelé samedi au «calme et à la retenue» après la manifestation de masse de vendredi au cours de laquelle des centaines de jeunes sont descendus dans les rues de la capitale, Ouagadougou, pour demander le départ de la mission diplomatique française du pays.
Les manifestants se sont rassemblés au stade municipal dans la matinée avant de se diriger vers l’ambassade de France, où ils ont été dispersés par les gaz lacrymogènes de la police, selon «Le Faso». De nombreux manifestants portaient des drapeaux de la Russie, un pays allié à la junte militaire burkinabé par le biais du groupe mercenaire Wagner.
Le Burkina Faso, qui est en fait sous la coupe d’une junte militaire putschiste, a généralement connu une augmentation significative de l’insécurité depuis 2015, avec des attaques menées à la fois par des affiliés d’Al-Qaïda et de l’État islamique, ce qui a entraîné une vague de personnes déplacées à l’intérieur du pays et de réfugiés vers d’autres pays de la région.
Le leader du soulèvement du 30 septembre, Ibrahim Traoré, a souligné lundi que «la Russie est un État comme les autres», alors que l’on spécule sur une implication accrue de la Russie dans le pays africain et que le sentiment anti-français augmente au Burkina Faso et dans d’autres nations de la région.
Dans un communiqué publié samedi, le gouvernement a appelé à un assouplissement de ces protestations «au risque de plonger notre pays dans un cycle de manifestations sans fin, au détriment de nos objectifs de paix, de stabilité et de sécurité, recherchés pour nos populations».
Elle «invite notamment les jeunes à ne pas se laisser distraire et à se concentrer sur les objectifs de défense dans la guerre totale que nous menons contre le terrorisme».
Enfin, les autorités appellent le peuple burkinabé à «maintenir la confiance» et à assurer «l’opinion nationale et internationale» qu’elles «ne dérogeront pas aux règles et principes de protection des diplomates et des représentations diplomatiques présents sur le sol burkinabé».






