
L’Américaine Anne Sacoolas, épouse d’un diplomate du renseignement américain, a été condamnée jeudi à huit mois de prison avec sursis après avoir reconnu avoir tué l’adolescent britannique Harry Dunn avec sa voiture en 2019.
Mme Sacoolas s’est également vu retirer son permis de conduire pour un an, selon une décision d’un tribunal britannique, tandis que la famille du défunt s’est dite «horrifiée» d’apprendre que le gouvernement américain lui avait conseillé de ne pas se présenter au tribunal, comme l’avait demandé le juge chargé de l’affaire.
Sacoolas, l’épouse du diplomate du renseignement américain Jonathan Sacoolas, a confirmé que le 27 août 2019, elle conduisait dans la mauvaise direction lorsqu’elle est entrée en collision avec la moto de Dunn devant une base militaire dans la région du Northamptonshire, selon la BBC.
On ne sait rien ou presque du passé des Sacoolas, car les avocats américains ont empêché la divulgation de détails sur l’emploi du couple, invoquant des raisons de «sécurité nationale». La base militaire située à proximité du lieu du délit de fuite, Croughton, est connue pour être un centre de collecte de données pour la CIA et l’Agence nationale de sécurité des États-Unis.
En septembre 2019, 20 jours seulement après l’incident, Scoolas a quitté le sol britannique pour les États-Unis en vertu de l’immunité diplomatique accordée par le président américain de l’époque, Donald Trump. La famille de Dunn se rend à Washington le mois suivant pour faire pression sur le président.
En décembre 2019, le parquet britannique a décidé d’inculper Scoolas pour avoir causé la mort de Dunn après une conduite imprudente, une infraction passible d’une peine maximale de cinq ans de prison mais qui, dans de nombreux cas, se limite généralement à des travaux d’intérêt général.
Le ministère public britannique a alors demandé l’extradition du citoyen américain, une demande qui a été rejetée par Washington, déclenchant un différend entre les deux pays.
La famille de Dunn avait auparavant exigé que le gouvernement britannique révèle si les États-Unis avaient demandé une protection supplémentaire pour Sacoolas en raison de ses liens avec la CIA.
Dans une déclaration lue jeudi après-midi, la mère du jeune homme décédé, Charlotte Charles, a déploré le fait que son fils ait été retiré «de manière insensée et cruelle» de sa famille, qui est toujours en proie au stress et à la dépression.






