
Le commissaire européen à l’énergie, Kadri Simson, a appelé les ministres à faire preuve de «flexibilité» lors de leur réunion de ce mardi afin de rapprocher les positions et d’atteindre un objectif «très clair» : se mettre d’accord sur un plafonnement du prix du gaz qui limitera les maxima excessifs qui divisent les Vingt-sept, compte tenu des risques que cette mesure comporte pour l’Union européenne (UE).
«Ce ne sera pas facile», a prédit M. Simson à son arrivée à la réunion, conscient du nécessaire équilibre entre les avantages et les risques de la mesure, et avec des États membres divisés en deux blocs que la plupart des ministres estiment conciliables et qui, d’une part, comme dans le cas de l’Espagne, critiquent le seuil excessif du plafonnement des prix et, d’autre part, sont réticents à intervenir sur le marché en raison du risque pour l’approvisionnement en gaz.
Consciente que les capitales ont «des points de vue et des préoccupations très différents» concernant le plafonnement du prix du gaz, la commissaire européenne affirme que cela est «compréhensible», même si elle a également demandé à pouvoir «atteindre certains compromis» afin d’être «mieux préparés pour l’hiver prochain et de réduire les vulnérabilités».
Mme Simson a également reconnu qu’elle avait été en contact avec certains ministres au cours du week-end afin de tester la température des deux blocs, qui ont tenu une réunion ce mardi avant le Conseil des ministres, selon des sources diplomatiques, afin de rapprocher les positions.
Dans le même ordre d’idées, le ministre de l’industrie et du commerce de la République tchèque, qui assure la présidence tournante du Conseil jusqu’à la fin de l’année, Jozef Síkela, a cité l’ancien chancelier ouest-allemand Konrad Adenauer pour rappeler que «lorsqu’on ne trouve pas la meilleure solution à un moment donné, il faut prendre la deuxième ou la troisième alternative» et que «si tout le monde ne coopère pas, ceux qui sont prêts à le faire doivent agir».
Comme M. Simson, il a dit comprendre les différentes positions et préoccupations des États membres, mais a insisté sur le fait que «l’UE n’a pas de temps à perdre, car les ménages et les entreprises attendent une solution claire» qui, selon lui, est réalisable, étant donné que la proposition sur la table offre des «garanties» à toutes les capitales.
De son côté, le ministre grec, Kostas Skrekas, a prévenu que «le temps de la consultation est écoulé» et a appelé ses homologues à «se mettre d’accord sans délai» sur le prix du gaz et les achats d’énergie solidaire. «Ce sont des moments historiques et nous sommes tous en procès», a-t-il déclaré.
«Nous ne pouvons pas partir les mains vides», a ajouté la ministre autrichienne de l’action climatique et de l’énergie, Leonore Gewessler, qui a demandé de ne pas «prendre en otage» les accords politiques adoptés lors de la dernière réunion des ministres de l’énergie, le 24 novembre, sur les achats communs de gaz et l’accélération des permis pour les énergies renouvelables, en attendant les négociations sur le plafonnement du prix du gaz.
Toutefois, bien qu’elle ait admis qu’elle était quelque peu sceptique à l’approche de cette réunion étant donné le «peu de mouvement ces derniers jours», elle voit une «marge raisonnable» pour un compromis et pour «progresser» sur les mesures qui ont déjà recueilli un accord politique.
De son côté, la ministre française du secteur, Agnès Pannier-Runacher, optimiste quant au «rapprochement des positions», a déclaré qu’elle abordait la réunion à partir d’une position «pragmatique et conciliante» entre les deux blocs pour aider à trouver un accord qui permette d’avancer vers des solutions garantissant l’approvisionnement en gaz, la protection des citoyens et des entreprises, et la stabilité financière.






