
Les autorités russes ont demandé mercredi au gouvernement kazakh d’extrader Mikhail Zhilin, un ancien membre de la garde présidentielle de Vladimir Poutine qui a quitté le pays à la suite d’un décret de mobilisation partielle pour éviter d’être envoyé en Ukraine dans le cadre de l’invasion russe.
Si elle est approuvée, l’extradition de Zhilin marquerait un tournant en devenant la première personne connue publiquement à avoir évité la conscription. Moscou l’a accusé de désertion et de franchissement illégal de la frontière.
Selon le Moscow Times, sa famille affirme toutefois qu’il risque d’être torturé et maltraité s’il est renvoyé en Russie. Il a été arrêté le 6 décembre à l’aéroport d’Astana, la capitale du Kazakhstan, alors qu’il tentait d’embarquer dans un avion à destination de l’Arménie.
La Russie l’a ensuite placé sur sa liste internationale de personnes recherchées. Zhilin, 36 ans, risque jusqu’à 15 ans de prison s’il est extradé et reconnu coupable.
M. Zhilin supervisait les communications du département d’information de la Garde présidentielle en Sibérie, qui s’occupe des contacts de M. Poutine dans la région. Les fonctionnaires comme Zhilin ne sont pas autorisés à quitter le pays étant donné leur accès à des informations secrètes ou confidentielles.
Toutefois, cinq jours seulement après que M. Poutine a déclaré la mobilisation partielle des réservistes en septembre, M. Zhilin a franchi la frontière du Kazakhstan sans passer par aucun poste frontière et a demandé l’asile politique après avoir été arrêté.
Sa femme, Yekaterina, qui est arrivée légalement au Kazakhstan avec leurs enfants, a déclaré que le dossier contre lui avait été ouvert un jour avant son arrestation. Un tribunal kazakh l’a reconnu coupable d’être entré illégalement dans le pays et l’a condamné à une peine de six mois de prison avec sursis.
Yekaterina a déclaré que les avocats de son mari et les membres de sa famille tentent de faire appel de cette décision auprès des autorités, la justice kazakhe ayant refusé de lui accorder l’asile en novembre.
«La Russie est très intéressée par les hommes qui n’ont jamais pris une arme dans leur vie. Ils vont essayer de le forcer à partir à la guerre, alors nous avons peur qu’il soit torturé», a-t-il déclaré.
Les autorités russes ont rejeté la demande de démission de M. Zhilin après que Moscou a annoncé le début de son invasion de l’Ukraine fin février. Le Kazakhstan, pour sa part, s’est engagé à ne pas extrader les Russes qui ont quitté le pays en raison de la mobilisation partielle, à moins qu’une enquête criminelle ne soit ouverte à leur encontre.






