
Le représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afghanistan, Markus Potzel, a déclaré que les pays occidentaux devraient rouvrir leurs ambassades à Kaboul, même si cela implique une sorte de reconnaissance des Talibans, au pouvoir depuis un an et demi.
Potzel, qui a été ambassadeur d’Allemagne en Afghanistan entre 2014 et 2016, estime qu’une présence diplomatique à Kaboul permettrait une «meilleure évaluation de la situation» plutôt qu’à distance. «Il est difficile de le faire depuis Doha ou Berlin», a déclaré le représentant de l’ONU dans une interview accordée à RND.
«L’Allemagne et d’autres pays occidentaux ont des intérêts en Afghanistan, ne l’oublions pas», a déclaré M. Potzel, qui estime qu’il serait bon que davantage de pays occidentaux soient représentés dans la capitale afghane.
M. Potzel a toutefois souligné que le fait d’avoir une légation diplomatique sur place n’impliquait pas nécessairement une «reconnaissance du régime des Talibans», mais plutôt un intérêt pour un Afghanistan stable dans lequel l’État islamique et les réseaux de trafic de drogue ne trouveraient pas facilement à se développer, a-t-il expliqué.
«La communauté internationale a intérêt à lutter contre le terrorisme. Elle a intérêt à ce que les drogues ne soient pas cultivées et commercialisées. Elle a intérêt à ce que les habitants du pays se voient offrir des perspectives afin qu’une vague de réfugiés comme celle que nous avons connue en 2015 ne se reproduise pas. Ce sont tous des intérêts qui, à mon avis, valent la peine d’être défendus et d’être présents», a-t-il souligné.
«La situation humanitaire est précaire. L’hiver est là. Les gens ont besoin de carburant, ils ont besoin de manger, ils ont besoin de médicaments (…) D’un côté, nous ne voulons pas soutenir le régime, et de l’autre, nous ne voulons pas laisser tomber les gens», a-t-il déclaré.
Depuis que les talibans ont pris le contrôle de l’Afghanistan en août 2021, après le départ des États-Unis et de leurs alliés, les pays occidentaux ont rapidement fermé leurs ambassades et évacué leur personnel, laissant derrière eux des dizaines d’Afghans qui collaboraient avec eux.
Aucun pays n’a jusqu’à présent reconnu le gouvernement de facto des Talibans, qui, après avoir fait mine dans un premier temps de nier le rétablissement d’un régime fondamentaliste aussi oppressif que celui de 1996-2001, a initié ces derniers mois une série de mesures rappelant ces années-là, comme l’interdiction de l’accès des femmes à l’éducation.
Potzel lui-même a critiqué certaines de ces restrictions «draconiennes» que les talibans ont imposées aux femmes, comme l’interdiction de voyager sans un membre masculin de la famille, ou de fréquenter les parcs, les gymnases ou les bains publics. «Je ne vois pas que les talibans aient changé», a-t-il dit.
Source: (EUROPA PRESS)






