
L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a défendu la nécessité d’une enquête internationale sur la mort, le 24 juin, de dizaines de migrants qui tentaient de franchir la clôture de Melilla, après que la justice espagnole a classé l’affaire.
L’AMDH a exprimé sa déception face à la décision des tribunaux espagnols de clore l’enquête. «Je pensais que la justice en Espagne était beaucoup plus indépendante que la justice au Maroc», a déclaré Jadiya Ainani, porte-parole de l’AMDH, à la radio RFI, déplorant que la justice espagnole ait décidé de classer l’affaire. «Nous avons été surpris par cette décision.
«L’État espagnol et l’État marocain ne veulent pas que la vérité soit connue», a-t-elle ajouté. Mme Ainani a donc demandé une enquête internationale car elle estime qu’elle sera difficile à mener dans le contexte actuel de rapprochement entre Madrid et Rabat.
Entre-temps, la section de l’AMDH de la ville de Nador a dénoncé le fait que les autorités marocaines ont interdit la célébration d’un acte à la mémoire des migrants décédés.
L’AMDH a expliqué qu’elle avait demandé l’autorisation d’organiser un rassemblement pour célébrer la Journée internationale des migrants, le dimanche 25 décembre, sous le slogan «Dignité, liberté et justice pour tous les migrants».
«Selon le programme, il était prévu d’organiser un rassemblement à la bougie dimanche à 11 heures devant le passage de Chinatown, en raison du symbolisme de ce lieu qui témoigne des événements sanglants au cours desquels tant de migrants et de demandeurs d’asile sont morts», a déclaré l’organisation.
Elle servirait également à «condamner les politiques migratoires meurtrières du Maroc et des pays de l’Union européenne, en particulier l’Espagne, et à exprimer sa solidarité avec les victimes».
Pour l’ONG, l’interdiction «confirme la persistance de l’État à dissimuler les responsables de la tragédie et la poursuite de sa politique visant à étouffer toutes les voix libres réclamant la vérité et la responsabilité».
Dans ce sens, l’AMDH-Nador «réaffirme son intention de continuer à travailler pour surveiller et dénoncer toutes les violations des droits des migrants, des demandeurs d’asile et de tous les droits de l’homme et exige que l’Etat marocain cesse de jouer le rôle de gendarme au service de politiques migratoires meurtrières».
Le rassemblement aurait dû avoir lieu le lendemain de la publication du rapport de l’AMDH sur les peines infligées à des dizaines de migrants suite aux événements de juin. Le texte dénonce les violations des droits des migrants.
Ainsi, lors des arrestations et des audiences, ni les interprètes ni les avocats n’étaient présents. En outre, les rapports de police étaient des «copier-coller» dans lesquels seuls le nom et la nationalité de chaque migrant étaient modifiés, selon le groupe.
Source: (EUROPA PRESS)






