
Au moins 14 policiers et soldats auraient été placés en détention par les autorités du Salvador, soupçonnés d’avoir commis des abus pendant l’état d’urgence décrété dans le pays il y a dix mois.
C’est ce qu’a expliqué le dirigeant du Mouvement des travailleurs de la police (MTP), Marvin Reyes, lors d’une interview accordée à la station de radio Yusca, précisant que ces informations ont été révélées lors d’une réunion entre les forces de sécurité et le bureau du médiateur des droits de l’homme (PDHH) du Salvador.
Outre la détention de près de 14 membres des forces de sécurité salvadoriennes, il a été signalé que, dans les mois à venir, une mission des Nations unies et une autre de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) se rendront dans ce pays d’Amérique centrale pour enquêter sur les allégations d’arrestations arbitraires et de plus de 90 décès en détention par l’État.
Ce n’est pas la première fois que des organisations internationales et des organisations de défense des droits de l’homme expriment leur inquiétude quant à l’effet négatif de l’état d’urgence sur les arrestations de membres de gangs. L’ONG Human Rights Watch a dénoncé en avril des détentions arbitraires massives et des actes de torture, ainsi que des décès en détention ou des disparitions forcées.
Début décembre 2022, le Comité des Nations unies contre la torture a fait part de sa préoccupation à l’État salvadorien concernant l’état d’urgence et l’a exhorté à «veiller à ce que la détention préventive ne soit appliquée qu’en dernier recours et pour la période la plus courte possible», comme le rapporte «La Prensa Gráfica».
«Les résultats de ces enquêtes peuvent conduire à l’arrestation de policiers qui ont détenu des personnes qui n’ont rien à voir avec les structures des gangs», a déclaré le représentant du Mouvement des travailleurs de la police (Movimiento de los Trabajadores de la Policía).
Toutefois, il a affirmé que les responsables de ces actions sont les chefs des institutions, car les agents «ne font que suivre les directives».
Le gouvernement salvadorien a décrété l’état d’urgence le 27 mars afin de lutter contre les gangs, qui faisaient des dizaines de morts chaque jour.
Pendant l’état d’urgence, le gouvernement salvadorien est habilité à suspendre certaines libertés et garanties afin de faciliter le déploiement de l’armée et de la police dans les rues et les municipalités où les meurtres ont eu lieu.
Concrètement, cette mesure permet la suspension du droit de réunion dans tout le pays, l’augmentation de la durée maximale de détention de 72 heures à 15 jours, la suppression du droit à la défense et la suppression du droit à ne pas être mis sur écoute dans les télécommunications, selon le journal.
Source: (EUROPA PRESS)






