
Le gouvernement arménien a adopté un projet de loi prévoyant des peines de prison pouvant aller jusqu’à 15 ans pour les personnes responsables d'»actions visant à abandonner la souveraineté», dans un contexte de tensions accrues avec l’Azerbaïdjan.
Le ministère de la justice a préparé un projet de loi qui prévoit également des amendes et des peines de prison pouvant aller jusqu’à trois ans pour les personnes responsables des «appels à l’abandon de la souveraineté», selon l’agence de presse arménienne Armenpress.
Le chef du ministère arménien de la justice, Grigor Minasyan, a souligné que «la souveraineté est la principale caractéristique d’un État en tant qu’entité», avant d’ajouter que le projet de loi vise à protéger la souveraineté du pays. La mesure a été envoyée au Parlement pour une éventuelle approbation.
Le code pénal arménien actuel prévoit des sanctions pour les personnes responsables du «renversement de l’ordre constitutionnel» ou des «appels à la violence», bien qu’il ne criminalise pas ces prétendus actes ou appels à «l’abandon de la souveraineté», sans autre précision disponible à ce stade.
M. Minassian a également confirmé que le gouvernement arménien a entamé le processus de ratification du Statut de Rome, qui a créé la Cour pénale internationale (CPI), signé par Erevan en octobre 1999, bien qu’il n’ait pas encore été ratifié à ce jour.
«À en juger par le comportement et les déclarations belliqueux de l’Azerbaïdjan, le risque d’une nouvelle agression militaire azérie contre l’Arménie est élevé», a-t-il déclaré, avant de souligner qu’il est important de ratifier le Statut de Rome pour ouvrir la porte à des poursuites de la CPI pour «crimes de guerre» par Bakou.
Le Premier ministre arménien Nikol Pashinian a déclaré qu’il existe des «indications» selon lesquelles l’Azerbaïdjan «prépare une nouvelle provocation militaire, notamment dans le Haut-Karabakh». «Cela soulève des questions qui nécessitent des réponses urgentes sur les activités du contingent russe de maintien de la paix dans le Haut-Karabakh», a-t-il souligné.
«Nous travaillerons en étroite collaboration avec la Russie et d’autres partenaires internationaux pour les amener à s’expliquer sur ces questions et ne pas permettre une nouvelle escalade afin de parvenir à un règlement global. Je dois réaffirmer la détermination et la volonté de l’Arménie de signer un accord de paix avec l’Azerbaïdjan afin d’achever la délimitation des frontières et d’ouvrir les connexions régionales», a-t-il réitéré.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que l’Arménie et l’Azerbaïdjan devaient donner leur autorisation pour que les forces de maintien de la paix russes déployées dans le Haut-Karabakh bénéficient d’un mandat des Nations unies.
«Les soldats de la paix internationaux peuvent être impliqués si les deux parties au conflit sont d’accord», a-t-il déclaré. «L’Arménie est l’un de nos plus proches alliés. L’Azerbaïdjan est également un partenaire précieux», a-t-il déclaré.
Ainsi, M. Peskov a souligné que «la Russie maintient ses efforts de médiation, en respectant, avant tout, tous les accords qui ont été conclus de manière trilatérale», comme le rapporte l’agence de presse russe Interfax.
Les tensions se sont ravivées ces dernières semaines après que les autorités azéries ont bloqué le corridor de Lachin – qui relie l’Arménie à la république autoproclamée du Haut-Karabakh – et suspendu les livraisons de gaz, selon l’Arménie.
Ces dernières années, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont affrontés au sujet du contrôle du Haut-Karabakh, un territoire à majorité arménienne qui est au centre du conflit depuis qu’il a décidé de faire sécession de la région azerbaïdjanaise intégrée par l’Union soviétique en 1988.
Source: (EUROPA PRESS)






