
Le groupe rebelle Mouvement du 23 mars (M23) a pris d’assaut le village de Nyamilima dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) mercredi, un jour après avoir pris le contrôle d’un autre village dans la province du Nord-Kivu.
Selon des sources citées par le portail d’information congolais Actualité, les rebelles sont arrivés à Nyamilima en provenance de Binza, dans le territoire de Rutshuru, profitant du fait que l’armée n’est pas déployée dans la région.
Ces sources précisent que le M23 a utilisé «une route secondaire» pour atteindre la localité et indiquent que les rebelles sont passés par «un poste des Forces armées de la RDC abandonné depuis plus de deux ans et demi et récemment occupé par les forces d’autodéfense».
L’avancée du M23 intervient un jour après que des sources locales citées par Radio Okapi aient déclaré que le groupe avait pris le contrôle de Kisharo, au milieu de contacts pour son retrait et son désarmement sous la médiation de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE).
Le M23 avait indiqué à la Force régionale d’Afrique de l’Est (EACRF) qu’il se retirerait le 5 janvier de Rumangabo et de Kishishe, après s’être retiré de Kibumba. Cependant, les autorités de la RDC se sont montrées sceptiques quant à ces annonces.
Pour sa part, le Réseau antiterroriste de la RDC (RCT), une organisation qui regroupe quelque 150 organisations de la société civile, a applaudi un rapport récent selon lequel les autorités rwandaises maintiennent une «intervention directe» dans le pays africain par le biais de leur soutien au M23.
Elle a demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’ouvrir une enquête sur les violations présumées des droits de l’homme dans l’est du pays et d’imposer des sanctions à Kigali pour son soutien aux rebelles, selon Radio Okapi.
Le RCT a accusé le groupe d’utiliser des enfants soldats, d’attaquer des structures civiles, de commettre des meurtres, des viols, des détentions arbitraires et des actes de torture, ce qui constituerait des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un génocide, selon les organisations.
Le M23 est accusé depuis novembre 2021 de mener des attaques contre des positions de l’armée dans le Nord-Kivu, alors que les autorités congolaises et le M23 ont signé un accord de paix en décembre 2013 après des combats depuis 2012 avec l’armée, qui était soutenue par les troupes de l’ONU.
Cette situation a entraîné une recrudescence des tensions entre la RDC et le Rwanda, Kinshasa accusant Kigali de soutenir les rebelles. Kigali, pour sa part, dénonce le soutien de Kinshasa aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), fondées et composées principalement de Hutus responsables du génocide de 1994 au Rwanda.
Source: (EUROPA PRESS)






