
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est exprimé par voie télématique mercredi au Forum économique mondial de Davos (Suisse), où il a articulé un discours fondé sur la nécessité pour la communauté internationale d’agir plus rapidement contre la Russie, Moscou profitant des «doutes» de l’Occident.
«Il a fallu moins d’une seconde à la Russie pour déclencher une guerre. Il a fallu plusieurs jours au monde pour imposer les premières sanctions à son encontre. Le temps que le monde libre passe à réfléchir, l’État terroriste le passe à tuer», a dénoncé le dirigeant ukrainien lors d’un discours qui a été précédé d’une minute de silence pour la mort du ministre de l’intérieur Denis Monastirski.
Bien que M. Zelenski ait fait référence au tragique accident d’hélicoptère qui, mercredi, a coûté la vie à M. Monastirski et à quinze autres personnes, dont des enfants, il ne s’est pas étendu sur la question, bien qu’il ait rapidement fait le lien avec l’attaque russe contre un immeuble résidentiel à Dnipro le week-end dernier.
«Je vous demande d’honorer la mémoire de tous ceux qui ont perdu la vie en Ukraine en observant une minute de silence. Une seule minute (…) L’Ukraine connaît des milliers de minutes de ce type. Parmi eux, il y en a trois le 14 janvier. Trois minutes, c’est le temps qu’il a fallu à une roquette russe pour parcourir des centaines de kilomètres, frapper un immeuble résidentiel à Dnipro et tuer au moins 45 personnes», a-t-il déclaré.
Après ces mots, et poursuivant son analogie avec le temps et la nécessité de prendre des mesures plus rapidement pour aider l’Ukraine à vaincre la guerre contre la Russie, Zelenski a célébré le fait que «toutes» les décisions rapides prises par Kiev ont eu un résultat positif, faisant allusion à ce point à l’ouverture des frontières avec l’Europe ou à l’accord pour l’exportation de céréales.
«Non seulement l’Ukraine, mais le monde entier a besoin exactement de ce rythme de décisions et d’actions. Le monde a hésité en 2014, lorsque la Russie n’a pas hésité à occuper la Crimée. Le monde a hésité en 2022, lorsque la Russie n’a pas hésité à lancer une guerre à grande échelle. Le monde ne doit pas hésiter aujourd’hui et plus jamais», a déclaré le président ukrainien.
C’est dans cet appel à la rapidité que Zelensky a insisté sur le fait que les frappes aériennes russes devaient être précédées par la fourniture à l’Ukraine de systèmes de défense aérienne ; l’invasion de chars russes, précédée par la fourniture de chars occidentaux ; et l’attaque russe contre la sécurité et la paix internationales, précédée par le rétablissement de la sécurité et de la paix en Ukraine.
Enfin, M. Zelenski a rappelé que lors de sa précédente apparition au Forum de Davos, il avait abordé la question de savoir comment mettre fin à la pandémie de COVID-19, une question désormais dépassée et, selon son discours, remplacée par les préoccupations générées par la Russie et les décisions de son président, Vladimir Poutine.
«Le monde se battait contre le COVID-19. Il s’est battu et a gagné. Maintenant le monde se bat contre Poutine. Et dans trois ans, à Davos, nous parlerons de nouveaux défis et de nouvelles menaces. Qu’est-ce que cela signifie ? Que nous allons définitivement vaincre la menace actuelle», a-t-il déclaré.
«Le monde a surmonté le nazisme, l’apartheid, les pandémies, l’indifférence au changement climatique, les crises financières et les tensions au Kremlin. Le monde va gagner à nouveau (…) Mais il est temps de le faire plus rapidement», a conclu le dirigeant ukrainien.
Source: (EUROPA PRESS)






