
Les autorités indiennes ont eu recours lundi à une «législation d’urgence» en vertu de la réglementation sur les technologies et l’information pour tenter d’opposer leur veto à un documentaire de la BBC consacré au Premier ministre Narendra Modi et portant sur les émeutes du Gujarat en 2022, où près d’un millier de musulmans ont été tués.
Le gouvernement a ordonné aux plateformes de médias sociaux de bloquer les liens vers le documentaire, intitulé «India : The Modi Question», qui a été décrit par les autorités comme une «œuvre de propagande sans objectivité reflétant une pensée colonialiste».
Selon le Times of India, la diffusion du documentaire sur Twitter ou YouTube a été interdite. L’affaire a suscité une controverse dans le pays, notamment en ce qui concerne la première partie du documentaire, qui repose sur une série de mémos montrant comment l’attitude de Modi a été critiquée par la communauté internationale lorsqu’il était ministre en chef du Gujarat et que la flambée de violence a eu lieu.
Modi a été accusé à plusieurs reprises d’être complice des émeutes qui ont eu lieu après que 59 pèlerins hindous aient été tués dans l’incendie d’un train traversant la ville de Godhra. Cela a entraîné des représailles sévères pendant plusieurs jours contre la minorité musulmane de la région, qui a été rendue responsable de l’incident.
Les estimations les plus prudentes font état d’un peu plus de 1 000 morts, pour la plupart des musulmans. Plus de 200 personnes sont portées disparues et 2 500 autres sont blessées. Une commission mise en place par la suite par le gouvernement du Gujarat a déclaré que l’incendie était criminel et un tribunal a condamné 31 personnes, toutes musulmanes, pour leur implication dans l’incendie du train.
La première partie de l’enregistrement a été diffusée mardi dernier au Royaume-Uni, mais elle n’a pas été diffusée en Inde, où le contenu de l’enregistrement a circulé sur les médias sociaux. Des centaines de juges et de hauts fonctionnaires ont accusé la BBC d’avoir une «vision impérialiste» et de tenter de provoquer de nouvelles tensions entre hindous et musulmans.
Cependant, la BBC a souligné que le documentaire est «rigoureusement documenté et répond aux normes journalistiques les plus élevées». L’opposition indienne a condamné la décision du gouvernement, l’accusant de recourir à la «censure».
Source: (EUROPA PRESS)






