
Le gouvernement camerounais a nié avoir choisi des intermédiaires étrangers pour servir de médiateur dans le conflit de 2017 entre l’État et les milices séparatistes dans les deux régions anglophones – le Nord-Ouest et le Sud-Ouest – quelques jours après que le Canada ait annoncé avoir été choisi pour faciliter un règlement.
«Le gouvernement de la République du Cameroun informe la communauté nationale et internationale qu’il n’a confié à aucun pays ou entité étrangère un quelconque rôle de médiation pour résoudre la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest», commence le communiqué signé par le ministre de l’Information René Sadi.
A cet égard, Sadi a rappelé qu’il appartient aux Camerounais, aux institutions et à leurs dirigeants librement élus de «rechercher les voies et moyens appropriés» pour résoudre les problèmes auxquels le pays est confronté et a donné comme exemple le dialogue national établi à Yaoundé depuis 2019.
Les autorités camerounaises ont toutefois tenu à remercier les «pays amis» et les institutions internationales pour l’intérêt qu’ils ont porté à ce conflit et les ont encouragés à continuer à envoyer leur soutien dans différents domaines.
«Le gouvernement exhorte les pays amis à rechercher et à traduire en justice ceux qui, depuis l’étranger, financent et alimentent la violence dans notre pays», indique le communiqué, qui remercie les États-Unis pour les mesures qu’ils ont prises jusqu’à présent pour ramener les auteurs de violences.
La semaine dernière, le ministère des affaires étrangères du Canada a publié une note remerciant le Canada d’avoir été choisi par les parties au conflit pour «faciliter» le processus de négociation.
Les régions anglophones du Cameroun – Nord-Ouest et Sud-Ouest – ont été secouées par des conflits suite à la répression des mouvements séparatistes après l’autoproclamation d’indépendance de l’Ambazonie le 1er octobre 2017.
L’année précédente, cette région – qui faisait autrefois partie des colonies britanniques d’Afrique mais qui a décidé de rejoindre le Cameroun français – a été le théâtre de manifestations pacifiques réclamant une plus grande autonomie ou l’indépendance en raison de la discrimination exercée par les autorités centrales, notamment sur les questions linguistiques.
Depuis lors, les groupes armés ont proliféré et le soutien aux séparatistes, auparavant marginalisés, a augmenté. Le gouvernement a répondu par une répression sévère, au cours de laquelle les organisations de défense des droits de l’homme ont accusé les forces de sécurité de commettre des atrocités.
Source: (EUROPA PRESS)






