
Le président érythréen Isaias Afewerki a entamé mercredi une visite officielle au Kenya, dans le cadre d’un rare voyage à l’étranger qui coïncide avec les efforts régionaux déployés pour tenter d’instaurer un processus de paix en Éthiopie, où Asmara a soutenu les opérations de l’armée éthiopienne contre le Front populaire de libération du Tigré (TPLF).
L’homme de 77 ans a été reçu dans la capitale kenyane, Nairobi, par le ministre kenyan des Affaires étrangères, Alfred Mutua. Le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, a déclaré sur son compte Twitter qu’Afewerki rencontrera son homologue kenyan, William Ruto, pour discuter du «renforcement des liens bilatéraux et des questions régionales d’intérêt commun».
De son côté, Mutua a publié plusieurs photos de la réception et a détaillé que le président érythréen «est dans le pays pour une visite officielle de deux jours où il rencontrera le président William Ruto pour des réunions bilatérales», sans donner plus de détails sur l’agenda.
Les deux dirigeants se sont engagés en janvier à promouvoir la paix et la sécurité dans la région, à un moment où l’Éthiopie et le TPLF sont en plein processus de consolidation de la paix suite à l’accord signé en novembre. L’accord prévoit la fin des opérations militaires, le désarmement du groupe tigréen et le retrait des troupes de l’armée non éthiopienne, y compris les troupes érythréennes, du Tigré.
Le conflit au Tigré a éclaté en novembre 2020 à la suite d’une attaque du TPLF contre la principale base de l’armée à Mekelle, après quoi le gouvernement d’Abiy Ahmed a ordonné une offensive contre le groupe. Le déclenchement des combats a suivi des mois de tensions politiques et administratives, notamment le refus du TPLF de reconnaître le report des élections et sa décision d’organiser des élections régionales en dehors d’Addis-Abeba.
Le TPLF accuse Abiy d’attiser les tensions depuis son arrivée au pouvoir en avril 2018, lorsqu’il est devenu le premier Oromo à prendre ses fonctions. Jusqu’alors, le TPLF était la force dominante au sein de la coalition au pouvoir en Éthiopie depuis 1991, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), fondé sur des critères ethniques. Le groupe s’est opposé aux réformes d’Abiy, qu’il considère comme une tentative de saper son influence.
Source: (EUROPA PRESS)






