
Le bilan des manifestations de mardi contre le déploiement des casques bleus de la mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC) dans la province orientale du Nord-Kivu s’est alourdi à cinq morts, ont confirmé les autorités de la RDC.
Le chef de la police du territoire de Nyiragongo, Iduma Molengo, a confirmé dans des déclarations au portail d’information congolais Actualité que «des altercations ont eu lieu entre la population et un convoi de la MONUSCO arrivant de Rutshuru» et a détaillé que «la population, plus précisément les déplacés du camp de Kanyaruchinya, a bloqué la route».
«Ils voulaient savoir ce que fait la MONUSCO à Rutshuru, notamment en raison de l’occupation du territoire par l’ennemi. Ils voulaient voir si elle transportait l’ennemi», a-t-il déclaré, faisant référence aux récentes avancées du groupe rebelle Mouvement du 23 mars (M23) dans cette partie du pays.
«Il y a eu un malentendu et la population a commencé à ériger des barricades, après quoi la MONUSCO a ouvert le feu pour forcer le passage. Du côté de la population, il y a cinq morts et huit blessés. Trois véhicules de la MONUSCO ont été incendiés», a-t-il déclaré, quelques heures après que la mission de l’ONU ait confirmé trois décès dans ces incidents.
Selon la MONUSCO, son convoi, qui revenait d’une mission d’approvisionnement, a été attaqué par des manifestants qui avaient bloqué la route pour protester contre la présence des «casques bleus». «Dans le processus, les attaquants ont mis le feu à quatre camions du convoi avant de voler leur cargaison. Malheureusement, trois personnes ont été tuées au cours des échauffourées alors que les casques bleus et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) tentaient de protéger le convoi», peut-on lire dans un communiqué.
La mission, qui a indiqué qu’une enquête conjointe avec les autorités congolaises permettra de déterminer les circonstances, a réitéré «son appel à la population pour qu’elle facilite la libre circulation du personnel de la MONUSCO, qui apporte un soutien opérationnel aux FARDC, assure la protection des civils et facilite l’acheminement de l’aide humanitaire.
Pour sa part, la chef de la MONUSCO, Bintou Keita, a condamné les violences commises lors des manifestations, notamment les pillages et le vandalisme, et a exhorté les communautés à s’abstenir d’utiliser des discours de haine et des déclarations incendiaires, selon un communiqué de l’ONU.
La situation a suscité de nouvelles protestations et, plus tôt dans la journée de mercredi, de nouvelles barricades ont été érigées dans la région pour protester contre le meurtre de civils, notamment de personnes déplacées. Innocent Banza, un témoin, a déclaré à Actualité qu’il y a des barricades à l’entrée de la ville de Goma, la capitale provinciale.
Source: (EUROPA PRESS)






