
Le gouvernement algérien a rappelé son ambassadeur en France, Said Musi, pour consultations après avoir «vivement protesté» contre «l’exfiltration clandestine et illégale» par Paris de l’opposante algérienne Amira Buraoui, qui se trouvait en Tunisie.
Le ministère algérien des Affaires étrangères a indiqué dans une brève déclaration sur son compte Twitter qu’il a condamné la France pour cette «violation de la souveraineté nationale» et a dénoncé le fait que «le personnel diplomatique, consulaire et sécuritaire de l’État français a participé à l’exfiltration illégale d’une Algérienne dont la présence sur le territoire algérien est requise par une décision de justice».
«Dans sa note officielle, l’Algérie rejette cet événement inacceptable qui porte un grand préjudice aux relations franco-algériennes», a-t-elle déclaré, après que Buraoui a été transféré le 6 février de Tunis à la ville française de Lyon. La militante a été arrêtée à Tunis le 3 février alors qu’elle s’apprêtait à se rendre en France après avoir franchi clandestinement la frontière algéro-tunisienne.
Elle a ensuite comparu devant un juge tunisien le 6 février, qui l’a libérée et lui a rendu son passeport, mais elle a été de nouveau arrêtée alors qu’elle quittait le tribunal dans le but d’être expulsée vers l’Algérie. Cependant, elle a été transférée à l’ambassade de France, après quoi elle s’est finalement rendue à Lyon, comme le rapporte le journal «Tout sur l’Algérie».
Le militant de l’opposition a été condamné à deux ans de prison en mai 2021 pour «atteinte à la personne du président de la République», «outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions» et «diffusion d’informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre public», ainsi que pour «atteinte aux préceptes de l’islam et du prophète».
Buraoui a été condamné en 2020 à un an de prison pour les mêmes chefs d’accusation, pour «publications susceptibles de porter atteinte à l’unité nationale» et pour «incitation» à des manifestations pendant le confinement imposé par les autorités pour le coronavirus. Buraoui a lancé en 2014 une campagne contre celle du président de l’époque, Abdelaziz Bouteflika, pour un nouveau mandat, ce qu’elle a réussi à faire. Par la suite, elle a été l’une des organisatrices des mobilisations contre le président lorsqu’il a annoncé en 2019 son retour aux urnes, ce qui a finalement forcé sa démission en avril de la même année.
Les tensions bilatérales refont surface moins de deux mois après que le ministre français de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé le retour à des «relations consulaires normales» avec l’Algérie, après plus d’un an de réduction de moitié des délivrances de visas, ce qui a tendu les relations entre Paris et Alger.
Les présidents français et algérien, respectivement Emmanuel Macron et Abdelmayid Tebune, se sont mis d’accord en août sur un document certifiant une «nouvelle dynamique irréversible» dans les relations entre les deux pays, 60 ans après l’indépendance de l’Algérie face au colonialisme français et face aux divergences sur cette question et d’autres questions régionales.
Source: (EUROPA PRESS)






